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Une merveilleuse et envoutante adaptation de la célèbre œuvre de Bizet et de Mérimée. Belle, impressionnante et émouvante.

Le spectacle enflamme la salle comme dans un tablao de Madrid. Là où les sueurs et les parfums se mêlent, les vins coulent à flot et les harangues du public encouragent les artistes. Là aussi où les plus audacieux chantent les terminaisons qui sont ponctuées par tous de « ole » fiers et heureux.

Ce spectacle mêle avec une adresse incroyable chant lyrique, Cante Jonto, danse flamenca et théâtre.

Le comédien raconte l’histoire mythique de Carmen, incarnant Don José. Il se fond à l’ensemble musical et dansé, sa voix tremblante de l’ardeur meurtrie de son personnage, son corps présent tout le long comme pour rappeler à chaque instant le drame de cet amour à l'implacable fin.

La soprano donne les airs emblématiques de l’opéra, jouant son personnage comme le comédien en se fondant à l’ensemble. Sa voix claire et puissante s'envole comme des cris de joie fière ou de désespoir féroce.

Le cantador chante seul ou en duo avec la soprano et accompagne les pérégrinations de Carmen ou Don José de mélodies tirées du texte original et de chant profond : Le Cante Jonto. Chant spécifique de la tradition flamenca où mélopées, envolées et tenues sont données d’une voix vibrante et grave, annonçant le danger et pleurant le drame.

Le couple de danseurs de flamenco, comme un double dansé des personnages-clés du livret, resplendit et illumine le spectacle. Toutes les figures traditionnelles sont utilisées avec une technique éblouissante reprenant tous les pas, même les plus extrêmes, dans une vibrante prestance chargée de Duende.

Le cantador, la danseuse et le danseur maitrisent l’expressivité du Duende et enveloppent le spectacle de cette ardeur particulière, typique dans la culture hispanique, qui fait penser à un démon intérieur contre lequel l’artiste se bat avec fierté pour le maitriser par sa danse ou son chant.

Le guitariste flamenco maîtrise son art de façon superbe. Les sons tous seuls de sa guitare chantent et dansent. Alors quand il s'allie au cantador et aux danseurs, le délice est magique.

Le pianiste apporte le pendant classique de l'opéra, accompagnant avec délicatesse et virtuosité les chants et les danses par les réductions d'orchestre ou simplement les mélodies des airs.

La rencontre de ces deux univers, le chant lyrique et le flamenco, ne peut que resplendir avec évidence dans la tragédie de Carmen. Le résultat est exceptionnel, délicat et fougueux, élégant et superbe.

Un spectacle de très haute qualité artistique dans sa réalisation et son interprétation. Incontournable !

 

Adaptation de Louise Doutreligne. Traduction d’Evelio Minano. Mise en scène de Jean Luc Paliès. Scénographie de Luca Jimenez. Costumes d’Alice Touvet. Régie lumières de Jean Maurice Dutriaux.

Avec Luis de la Carrasca, Magali Paliès, Benjamin Penamaria, Ana Pérez, Kuky Santiago, Jérôme Boudin Clauzel et José Luis Dominguez.

 

À 22h00 jusqu’au 30 juillet (relâche le 24) - 8 bis rue Sainte-Catherine - 04.90.86.74.87 – www.theatreduchenenoir.fr

 

- Photo © Chantal Depagne Palazon -

- Photo © Chantal Depagne Palazon -

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