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Un petit rien, juste le petit rien de cette défaite au tennis entre un père et son fils, qui, rapportée à la mère, met la puce à l’oreille. Inquiète et protectrice, Florence sent que quelque chose ne va pas. Elle organise aussitôt une réunion de famille qui sera le grain de sable dans les rouages pernicieux et pourtant salutaires des arrangements avec la vérité. Un temps où l’aveu se joue du pardon, où la médiation bouscule l’usage et la tradition, les codes de la bienséance et le mal nécessaire.

 

Derrière la comédie, la tragédie gronde.

 

Plaisamment mais surement, la pièce nous conduit à rire de sujets familiers voire intimes, qui ne s’y prêtent pas au premier abord. Le mensonge, la trahison, la norme, la passion et l’amour.

 

Le mensonge est-il salvateur ? Est-ce ici une preuve d’amour ou de tricherie ? Qu’est-ce donc que cet élément qui vient s’interposer entre la réalité et la vérité ? Une sorte de vérité subjective pour protéger l’estime de soi ? Qui n’a pas menti à un être cher ? Pourquoi ? Pour qui ?

 

Autant de questions qui se cachent derrière les postures et les rebondissements, enfouies dans les situations et les répliques terriblement bien ficelées. Nous nous laissons prendre avec délice par les saillies drôles et les réparties cinglantes de ce boulevard moderne, joué avec superbe.

 

La pièce de Joe Di Pietro rencontra le succès dès ses débuts en 2013 à Broadway, on le comprend ! Traduite et adaptée par Éric-Emmanuel Schmitt avec une sémillante mise à jour pour nos contrées, le texte caresse avec légèreté nos émotions et prête à rire comme à penser.

 

Nous passons un moment agréable, un de ceux dont le théâtre de boulevard peut s’enorgueillir pour le plaisir et l’intérêt qu’il nous offre.

 

La mise en scène de Jean-Luc Moreau, sans effets inutiles, sert simplement et adroitement le texte et donne à la distribution une partition qu’elle excelle à jouer.

 

Marie-Christine Barrault illumine les scènes par sa présence tendre et efficace. Florence devient proche. Elle nous fait rire autant qu’elle émeut. Alain Doutey est brillant. Il joue la candeur naïve de Georges avec une sympathie et une espièglerie qui font mouche. Les deux jeunes comédiens qui les entourent ne sont pas en reste. Arthur Fenwick et Claudia Minier jouent pêchu et sont convaincants.

Une des bonnes surprises de la rentrée. À voir sans hésiter.

 

 

De Joe DI PIETRO. Adaptation Eric-Emmanuel SCHMITT. Mise en scène Jean-Luc MOREAU assisté de Anne-POIRIER-BUSSON. Décor Stéfanie JARRE assistée de Daphné ROULOT. Lumières Jacques ROUVEYROLLIS assisté de Jessica DUCLOS. Costumes Juliette CHANAUD. Accessoiriste Nils ZACHARIASEN. Musique Sylvain MEYNIAC.

Avec Marie Christine BARRAULT, Claudia DIMIER, Alain DOUTEY et Arthur FENWICK.

 


Du mardi au samedi à 21h00 et le dimanche à 15h00

6, rue de la Gaîté, Paris 14ème

01.43.35.32.31 - www.theatre-rive-gauche.com

 

- Photo © Pascal Ito -

- Photo © Pascal Ito -

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