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André Dussollier nous présente ce monologue théâtral d’Alessandro Baricco comme une invitation au pays des contes. Un conte poétique, merveilleux et drôle. Il joue ou il raconte, on ne sait pas, on ne sait plus, tant son envoutement est total, le moment magique et rare, le plaisir intense.

Alessandro Baricco publie ce texte en 1994. Pour lui, « Novecento : un monologo » est un texte à mi-chemin entre le conte lu à haute voix et la pièce de théâtre.

Le personnage du narrateur est Tim Tooney, trompettiste dans l'orchestre, qui deviendra l’ami de Novecento et sera le témoin de cette vie singulière qu’il nous présente. Enfant abandonné après sa naissance sur un paquebot en 1900, Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento devient très tôt un brillant pianiste et ne quittera jamais le navire.

Comme souvent dans les contes, le héros Novecento nous fait rêver. Libre de son destin, ne rencontrant que les bonnes choses de la vie, vivant par et pour sa passion : le piano et la musique. Il ne semble pas connaitre la souffrance là où il est. Il ne succombe pas aux sirènes de la vie facile dans un monde où son talent et sa virtuosité pourraient le rendre riche et célèbre. Aucun aléa dans son histoire de vie n’encombre le récit. Seuls les moments heureux sont contés.

Comment ne pas se projeter dans ce bonheur délicieux, cette plénitude aboutie et ne pas s’identifier à ce personnage ?

La mise en scène d’André Dussollier et de Pierre-François Limbosch est particulièrement soignée. Elle donne au spectacle un éclat lumineux éblouissant, mariant musiques et paroles jouées avec efficacité, revêtant l'ensemble d'une forme de noblesse radieuse. Elle préserve des instants particuliers et proches, dédiés aux confidences, aux pensées et aux silences de Tim. Instants fabuleux par lesquels la nostalgie, les regrets et l’affection amicale comme l’admiration du narrateur pour Novecento nous touchent et nous baignent dans de bouleversantes et agréables émotions.

André Dussollier magnifie le personnage de Tim. Il illumine chaque instant d’une généreuse et élégante présence, d’un plaisir évident de partager cette histoire, de nous la conter, de nous l’offrir. Diction claire et veloutée, postures et mouvements précis, jeux de regards avec les musiciens, silences. Tout est juste et enchanteur. Du très grand art.

Un spectacle d’une qualité artistique de haute et belle classe, à savourer pour sa beauté et sa poésie voguant au gré des mots et des notes. Incontournable moment de bonheur théâtral.

 

D'Alessandro Baricco. Mise en scène et adaptation française d'André Dussollier. Coadaptation française de Gérald Sibleyras avec la collaboration de Stéphane De Groodt. Scénographie et co-mise en scène de Pierre-François Limbosch. Lumière de Laurent Castaingt. Direction musicale de Christophe Cravero. Images de Christophe Grelié. Costumes de Catherine Bouchard. Assistanat artistique de Catherine D’At.

Avec André Dussollier.

Musiciens : Olivier Andrès (contrebasse), Michel Bocchi (batterie et percussions), Elio Di Tanna (piano), Sylvain Gontard en alternance avec Gilles Relisieux (trompette).

 


Du mardi au samedi à 21h00 et le dimanche à 15h00 jusqu’au 1er octobre (à partir du 6 octobre à 20h30 au Théâtre Montparnasse)

2 bis avenue Franklin Roosevelt, Paris 8ème

01.44.95.98.21- www.theatredurondpoint.fr

 

- Photo © Christian Ganet -

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