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- Photo © Olivier Quéro -

 

Une plongée dans les bas-fonds de la conscience humaine. Là où les fantasmes transgressent les interdits, où les désirs se confrontent aux empêchements et où la folie prend les armes de la violence.

 

Léna et Thomas vivent en couple, Alice et Simon en colocation. Des jeux d’attirance, de séduction et de répulsion vont s’échanger entre eux. Qui aime qui ? Qui veut être aimé ? Qui ne peut continuer d'aimer ? Qui d’entre eux est soumis à la démence, à ses monstres intérieurs qui étreignent, à ses mensonges qui s’envolent ?

 

Un magma d’impossibles destinées dans cette antre d’humanité brisée où en définitive on se demande si une trouble et puissante animalité domestique ou sauvage règne. Animalité qui implose ou explose selon les personnages tous perturbés et leurs relations toujours agressives. Voraces de la vie ou de la mort, on ne sait pas.

 

Une image nous reste, celle voilée de leurs corps nus s’emparant de nourritures avec férocité. Une autre aussi nous indique quelque chose à la fin de la pièce. Celle de Léna enlaçant Thomas et hurlant à Alice : « laisse-le, il est à moi ! » comme un fauve rugissant pour protéger sa proie.

 

Une succession de scènes étranges, au réalisme cru et à l'onirisme cauchemardesque, s’enchainent et s’enchevêtrent. Fulgurances, visions, rêves, illusions ou représentations du réel ?

 

Deux femmes aux corps mi nus mi maquillés d’un pelage, interviennent sans cesse. Elles s’interposent et chantent des arpèges fantasmagoriques aux tonalités psychédéliques.

 

Un décor dépouillé occupé par deux canapés et un voile de fond de scène qui sert d’écran de protection et de projection d’images vidéos.

 

Une tension permanente, pesante, tenace.

 

Les comédiennes et les comédiens jouent avec un époustouflant engagement. Tous les quatre sincères et précis dans les troubles magnifiques de leurs personnages.

 

Les deux chanteuses nous envoutent de leurs voix bien placées. La sonorisation varie la puissance, du murmure de leurs mélopées aux cris portés et tenus. Polyphonies, mélodies plates et onomatopées créent une ambiance sonore et musicale efficace et réussie.

 

Un spectacle impressionnant, d’une beauté âpre et singulière.

 

 

Texte et mise en scène de Geoffrey Mandon.

Avec Clément Bougneux, Chloé Lasne, Marie Levy, Maïté Lottin, Yitu Tchang et Thibault Villette.

 

C’est le dernier temps du festival « Feux sur la jeune création » du Théâtre de l’Opprimé. Théâtre grâce auquel les découvertes d’un art théâtral contemporain ont une place et le public un lieu.

 


Aujourd’hui samedi à 20h30 et dernière demain dimanche à 17h00

78 rue du Charolais, Paris 12ème

01.43.40.44.44 www.theatredelopprime.com

 

Détails sur le festival :

http://www.theatredelopprime.com/2017/07/festivalpleinsfeuxsurlajeuncreation/

 

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