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Huis-clos ou presque, dans cette pièce écrite en 1900, August Strindberg enferme à nouveau ses personnages dans leurs propres univers, dans leurs intimités et leurs solitudes. Théâtre de l’intérieur, de l’intime, à forte résonance psychologique, LA DANSE DE MORT est celle des espérances empêchées et des frustrations, des rancœurs et des renoncements. Danse à laquelle chacun dans ce couple morbide semble vouloir échapper mais s’y résout irrémédiablement.

 

Bousculés tout le long de leur vie commune par les erreurs vécues, jugées comme des échecs, les deux époux Edgar et Alice s’affrontent comme toujours depuis 25 ans. Les sujets ne manquent pas. Ils dévoilent avec intensité la violence des relations, la cruauté des sentiments, le machisme autoritaire, la famille échouée, la rédemption des actes, l’espoir d’une autre vie et la crainte de la mort.

 

Sujets prédominants chez Strindberg, symbolisant la recherche permanente d’un amour attendu et inassouvi, comme une impossible quête du bonheur.

 

Une ile. Une garnison. Un capitaine vieillissant et malade, Egdar. Une épouse impuissante et révoltée, Alice. Le cousin Kurt vient les visiter. Catalyseur des révélations, il écoute et tente des remédiations. Les humiliations et les mensonges qu’il découvre, les actes de démence et les machinations qu’il observe le troublent, le font douter, jusqu’à le conduire à la fuite.

 

La mise en scène de Stuart Seide montre les personnages au plus près de leurs sombres aspects, crument, dévoilant l’abject de leur férocité, le grotesque de leur prétention vaine et la médiocrité de leur puissance. Nous percevons le balancement entre amour et haine, entre compassion et répulsion, qui taraude ce trio familial qui n’en est pas.

 

Jean Alibert (Edgar), Pierre Baux (Kurt) et Hélène Theunissen (Alice) jouent habilement ce trio. Ils nous présentent avec aisance et conviction ces êtres massacrés par eux-mêmes. Enfermés dans leur déni et privés d’espoir, prisonniers de leurs vacuités du désir de vie. Ils nous touchent et nous surprennent. Karin Palmieri (Jenny), dans le rôle court et ingrat de la domestique, réussit la gageure d’illustrer le mépris qu’ils inspirent aux autres, à la réalité extérieure.

 

Un beau Strindberg. Un texte effroyable et implacable servi par un spectacle tout en tension, admirablement joué.

 

 

 

D’August Strindberg. Traduction de Terje Sinding. Mise en scène de Stuart Seide assisté par Karin Palmieri. Scénographie d’Angeline Croissant. Lumière de Jean-Pascal Pracht. Son de Marc Bretonniére. Costumes de Sophie Schaal. Coiffures et maquillages de Catherine Nicolas. Régie générale / Peintre décorateur / Accessoires : Ladislas Rouge.

Avec : Jean Alibert, Pierre Baux, Karin Palmieri et Hélène Theunissen.

 


Du mercredi au samedi à 20h45 et le dimanche à 15h30

2 bis passage Ruelle - Paris 18ème

01.40.05.06.96 - www.reineblanche.com

 

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