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Voilà une savoureuse comédie grinçante sur un couple qui va devoir se confronter à un bilan d’étape de leur vie commune au risque de verser dans le fossé. Écarts, dérapages, menteries, mensonges, cachoteries, cachot, les pierres qui jonchent vingt années passées ensemble risquent–elles de faire trébucher sans se faire mal ou faire tomber vraiment ?

 

Quadragénaires jeunes et pimpants, Elle et Lui vivent sans se voir, ou si peu. Ils attendent pour dîner des amis qui ne viendront pas. L’occasion rêvée de se parler tendrement et de se regarder enfin au travers du miroir de l’autre. Mais non, que nenni, ils se disputent les bougres ! Ils échangent à propos de leurs amis des observations acides et franchement cyniques qui viennent percuter peu à peu leur propre réalité.

 

La pièce d’Audrey Schebat dessine adroitement un couple d’aujourd’hui portant les problématiques de toujours. Moult questions pour moult réflexions. Un couple marié ou pas, est-ce deux êtres qui conjuguent leurs vies pour en faire une ou est-ce une convention sociale pour paraître ensemble, fidèles aux normes apprises, aux préceptes familiaux, aux archétypes ? Vivre à deux, est-ce un désir d’amour ou de conformité ?

 

Les petits arrangements avec la norme, l’habitude et la vérité, une fois passés au tamis de la révélation et au filtre de la découverte, que reste-t-il de la sincérité de sentiments, de la condition féminine et du machisme ordinaire ? L’adultère est-il une erreur chez l’homme et une faute chez la femme ? Une femme ou un homme, au nom de l’amour scellé par le mariage, peuvent-ils se résoudre à subir et souffrir en silence ? La dénonciation de l’une ou de l’autre, la rébellion, peuvent-elles être des portes ouvertes vers la liberté ? Une revanche pour les autres ?

 

Répliques saillantes et situations piquantes, le texte titille notre pensée et nos souvenirs, notre sensibilité et nos émotions. Alors bien sûr, les interpellations affluent derrière les rires (jaunes parfois) et les sourires (grimaçants souvent).

 

Le jeu des deux comédien·nes est complémentaire et savoureusement juste. Arié Elmaleh joue avec candeur et crédibilité le goujat macho droit dans ses bottes et dans ses habitus. Barbara Schulz, remarquable et ravageuse, illumine les scènes avec délicatesse ou férocité dans une époustouflante interprétation toute en finesse.

 

Une pièce de boulevard bien ficelée, intelligente et plaisante. Très bien jouée. Pour le plaisir d’un rire qui pense.

 

 

 

Texte et mise en scène d'Audrey Schebat. Assistante à la mise en scène Emmanuelle Tachoires. Scénographie Édouard Laug. Lumières Laurent Béal. Costumes Ariane Vialet. Son François Peyrony.

Avec Arié Elmaleh et Barbara Schulz.

 

 


Du jeudi au samedi jusqu’au 21 octobre à 19h00 et dimanche à 17h00. Ensuite du mardi au samedi à 19h00 et dimanche à 17h00

15 rue Blanche, Paris 9ème  

01.42.80.01.81 - www.theatredeparis.com

 

 - Photo © Céline Nieszawer -

- Photo © Céline Nieszawer -

 - Photo © Céline Nieszawer -

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