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À partir du 23 novembre, reprise au Mélo d’Amélie de cet hilarant spectacle, entre café-théâtre et boulevard, très bien ficelé et superbement joué. Vu au festival d’Avignon 2017, voici l'article que j'avais publié.

 

 

« Du délire !...

 

Ce spectacle est une tuerie de rires dont les ravages se déversent sur la salle comme un feu d’enfer où des diables se relayent pour l’entretenir. Un spectacle étourdissant d’efficacité drolatique, entre Café-Théâtre et Boulevard. Cette pièce est dingue mais pas sotte, ces comédiens sont fous ou très bons. Une des plus belles surprises de comédie de la saison.

 

Comme beaucoup de spectateurs, j’aime rire au théâtre. Rire jaune, glaçant, caustique, cynique, facile, cérébral, visuel et j’en oublie sans doute. Tant que le rire n’est ni gras ni vulgaire et reste toujours digne et partageur, cela me va. Mais là, j’avoue, j’en pleurais de rire.

 

L’argument est dans le titre mais les rebondissements sont dans la pièce. L’adultère est à son comble, Feydeau en sourirait. On ne sait plus qui trompe qui mais là n’est pas le problème. Les ressorts habituels de la comédie farcesque sont bien là sans jamais sombrer dans la vulgarité malgré les situations scabreuses qui ne manquent pas.

 

Les situations se succèdent au rythme des bons mots mitraillés. Ça n’arrête pas. Ça fuse, ça crie, ça s’étonne, ça détonne.

 

Patricia a au moins ces 2 amants. En femme libérée et un rien finaude, elle les a choisis différents et complémentaires, et partage sa semaine en 2 mi-temps d’amants. Bien sûr, un grain de sable fait riper la machine et ils se retrouvent tous les trois, le bec dans l’eau, bien obligés de s’expliquer. Et là tout chavire.

 

Vincent, le beauf, façon café des sports en plus trash, éructe et menace. Christian, le bourgeois, façon prof de fac BCBG un peu coincé, craque, se plaint et invoque les philosophes pour masquer son dépit. Patricia, la belle perfide qui mène ces messieurs comme on mène les vaches à l’étable à l’heure du foin, se retrouve au milieu, compte les points et les distribue. Comment cela finira-t-il ?

 

La mise en scène de Jérôme Paquatte est réglée au cordeau. La mécanique est huilée, rapide et efficace. Le public rit à gorges déployées tellement ça tire dans tous les sens et à boulets rouges.

 

Les comédiens sont brillants. Ils ne nous laissent aucun répit dans les traits, les postures et les réparties. Jérôme Paquatte explose en Vincent le beauf, on craint pour son cœur. Laura Marin incarne une Patricia rusée et émancipée qu’on aimerait bien plaindre et cajoler mais on ne s’y frottera pas. Bertrand Skol joue Christian, l’intello qui découvre la duperie avec une candeur et une drôlerie impeccables. Chapeau les artistes !

 

Un spectacle de pur plaisir, pour de rire mais pas pour de faux, avec l’assurance de passer un très bon moment. Je recommande vivement. »

 

 

De Léo Pasani. Mise en scène de Jérôme Paquatte. Avec Laura Marin, Jérôme Paquatte et Bertrand Skol.

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