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Ce spectacle est un consommé de plaisirs décapants à l’élégance fine de bons mots saillants et ravageurs, provocants et incongrus.

 

SULKI ET SULKU ont vraiment des conversations intelligentes. De celles qui nous empêchent de penser trop sérieusement, qui fait son lot du ridicule de nos discours pontifiants et dégueulant de leur prétention crasse sur l’art, la vie, le lait frais et l’amour. Sur tout et n’importe quoi mais « tellement-important-tu-vois ? ».

 

Comme à chaque fois avec Jean-Michel Ribes, nous savons que nous allons rire sans savoir de quoi ou peut-être alors un peu de nous-même. On préfère ne pas savoir avant, espérant y échapper.

 

Son écriture cingle et provoque, saisit et surprend. De la fantaisie toujours, du sourire tout le temps, du rire souvent. De ce rire intelligent qui bouscule l’ordre établi des idées, des poncifs et des courants de la pensée dominante, bienpensante assurément et vide de progrès tellement elle s’alourdit d’elle-même et ne peut plus avancer.

 

Sulki et Sulku, personnages sortis de la pièce « musée haut, musée bas » sont deux œuvres d’art vivantes. Bavards comme des guides de musée qui s’ennuient, ils parlent de tout et de tout, sans rien de rien oublier.

 

Ils dérangent la réalité sociale qu’ils observent pour mieux en faire ressortir son ridicule par des décalages incessants de mots ou de situations comme des collages poétiques et loufoques dadaïstes, des saillies sorties d’une absurdie romanesque et grotesque ou des propositions de non-sens à la logique implacable.

 

Le tout dit ou montré avec un sérieux déconcertant qui dépouille l’entendement, bouscule la crédulité, invite à l’échappée onirique et désopilante. Nous laissant ivres de déroute, voguant dans cette étrange embarcation spectaculaire où la gite est importante et la peur du naufrage envahissante. Alors nous rions pour résister à l’instant, aux propos et à nos pensées qui chavirent.

 

Joué par Romain Cottard et Damien Zanoly, avec la naïveté cynique et les postures strictes dans leur extravagance, le sérieux qui plane et qui explose est rendu par ces deux comédiens avec brio et un abattage savoureux et efficace.

 

Que c’est bon de rire ainsi, d’être surpris tout à coup et de fou-rire aussi, de se laisser emporter dans ce voyage merveilleux et hilarant au pays de l’incongru qui pense, de l’irrespect cru mais toujours élégant. Une pièce de Jean-Michel au Rond-Point d’à côté se révèle chaque fois une soirée mémorable, un bon moment de bonheur théâtral.

 

 

Texte et mise en scène Jean-Michel Ribes. Assistanat à la mise en scène Virginie Ferrere. Décors Patrick Dutertre. Costumes Juliette Chanaud. Lumières Hervé Coudert.

 

Avec Romain Cottard et Damien Zanoly.

 


Du mardi au samedi à 21h00 et le dimanche à 15h30

(relâche les 11 et 14 novembre)

2 bis avenue Franklin Roosevelt, Paris 8ème

01.44.95.98.21- www.theatredurondpoint.fr

 

- Photo © Giovanni Cittadini Cesi -

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