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Libres-penseurs de salon ou bigots de cathédrale, tenez-vous prêts, Clérambard est là !... Il invective, il crie haut et fort la souffrance humaine, son hypocrisie et sa veulerie. Et tout le monde en prend pour son grade.

 

De la noblesse déchue en passant par la bourgeoisie repue jusqu’au peuple d’en bas, du croyant calculé au croyant pénétré ou de l’intello risible à l’intello rieur, toutes et tous y passent. Toutes et tous trépassent au carnage du tourbillon de véracité et de réflexion que cette pièce répand tout le long.

 

Redoutablement bien écrite, au burlesque efficace et à la satire saignante, la pièce nous surprend et nous réjouit. Le spectacle nous cueille et ne nous lâche pas tant il est drôle et bourré d’inattendus savoureux.

 

Le comte de Clérambard, endetté despote ridicule, fait trembler sa maisonnée par sa violence et son implacable intransigeance autoritaire. Ébloui par la rencontre de Saint-François d’Assise, il se repent et transforme sa vie et celles des autres avec la même conviction qu’il appliquait à les soumettre. Folie douce, démence ou miracle, comment va-t-il se sortir de cette soudaine rédemption ?

 

Anticléricale ou pas, ce petit bijou d’insoumission de Marcel Aymé, créé en 1950, connait un succès immédiat qui perdure jusqu’aujourd’hui. Les valeurs bousculées, bousculent avec acuité les certitudes de la bienpensance. Les rires chahutent l’ordre des idées et des gens. Le ton est vif, la farce croise le fantastique ludique qui fait sa plume. De déroutes en sourires, de rebondissements en séquences croquignolesques, la caricature se fait noble et son élégance, hilarante de cocasserie.

 

La mise en scène de Jean-Philippe Daguerre fait le choix de l’épure des apparences, aucun accessoire ni élément de décor inutiles ne viennent s’ajouter au réalisme puissant du texte, laissant l’essentiel reposer sur les jeux des comédien·ne·s, rythmés par un abatage furieux et alerte, calés au cordeau.

 

La distribution s’empare de cette pièce avec gourmandise et précision. Elle nous tient en haleine du début à la fin, nous faisant ressentir de l’affection pour les personnages de ce conte farcesque aux caricatures saillantes qui devient réjouissant et délicieux par ses répliques ciselées, piquées de tendresse et ses situations incongrues.

 

Un très agréable voyage dans l’univers grinçant de Marcel Aymé. Un spectacle drôle, intéressant et très bien joué.

 

 

De Marcel Aymé. Mise en scène Jean-Philippe Daguerre. Assistante mise en scène Mariejo Buffon. Collaboration artistique Laurence Pollet-Villard. Musique Hervé Haine. Décor Frank Viscardi et Simon Gleizes. Accessoires Déborah Durand. Costumes Corinne Rossi.


Avec Grégoire Bourbier, Isabelle de Botton, Séverine Delbosse, Franck Desmedt, Antoine Guiraud, Hervé Haine, Romain Lagarde, Guilaine Londez et Flore Vannier-Moreau.

 

 


Du mardi au samedi à 20h00 et le dimanche à 16h00

103 A, boulevard Auguste-Blanqui, Paris 13ème

01.45.88.62.22 - www.theatre13.com

 

- Photo © Grégoire Matzneff  -

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- Photo © Grégoire Matzneff  -

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