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Le spectacle de cette comédie de boulevard douce-amère est aimable malgré quelques déceptions qui le rendent un peu âpre et il faut bien le reconnaître, qui nous perd peu à peu dans un tunnel d’attentes aux parfums d’ennui.

 

La pièce est écrite en 1970. L’auteur Jean Poiret dont on connait la fulgurante verve copieuse, le cynisme courtois et l’ironie caustique signe une partition délicate tant elle regorge de chausse-trappes pour les jeux qui peuvent vite sombrer dans les monologues tendance blagues de dîner ou dans les sketches d’humoristes, si l’on n’y prend pas garde.

 

Dans la pure tradition du boulevard, le couple est passé au tamis de sa résistance au temps et à la tentation, tissant les fils d’une toile épaisse ou légère, c’est selon, pour enfermer mari, épouse, amants ou maitresses, dans un enfer d’imbroglios ou de malentendus piégeux.

 

Élisabeth et Philippe touchent le bout d’un parcours de huit ans de vie commune, usés et déçus par leur relation. Avec une attention quasi machiavélique, par amour peut-être et par orgueil machiste sans doute, Philippe se tient informé des prétendants qui rôdent autour d’Élisabeth. Essayera-t-il de dérouter la barque d’Élisabeth ? Élisabeth connaitra-t-elle le bonheur d’être une femme libre et heureuse ?

 

La mise en scène et la direction de jeux de Michel Fau apparait trop statique. Les postures immobiles, face au public façon théâtre baroque ou tréteaux de foire, sont jouées bien plus souvent qu’il ne semble nécessaire.

 

Cette inertie ambiante que seule Mélanie Doutey parvient à juguler de sa présence lumineuse et précise, de son jeu sensuel, espiègle et combattif, centre l’attention sur le texte sans lui apporter la théâtralité suffisante pour captiver l’intérêt et le plaisir. Du coup, malheureusement, les répliques deviennent verbeuses et redondantes avec une forme de prétention, souvent vaine, à forcer les rires.

 

Non, ce n’est pas une série de numéros d’actrices ou d’acteurs où le texte est essentiel et doit résonner par lui-même. C’est une pièce de théâtre. Ici sans ou si peu de mouvements, de regards et d’échanges sensibles entre les personnages, de situations vivantes… que nous restons frustrés.

 

Les remarquables costumes et le superbe décor aux accents seventies et aux allures psychédéliques apportent les couleurs du temps mais ne suffisent pas à faire théâtre.

 

Étonné je suis. Michel Fau, si bon comédien d’ordinaire, semble ici confondre et emmêler emphase et élégance, nous empêchant de se régaler du personnage et du texte savoureux de Poiret.

 

Les scènes de Mélanie Doutey sauvent le spectacle à n’en pas douter. Sa présence resplendissante et son jeu merveilleux et réussi nous convainquent de la beauté et de l’intérêt du personnage d’Élisabeth.

 

Un spectacle qui s’étire et qui à la longue lasse, hélas. À voir pour l’éblouissante et délicate Mélanie Doutey.

 

 

Une pièce de Jean POIRET. Mise en scène de Michel FAU. Décors de Bernard FAU et Natacha MARKOFF. Lumières de Joël FABING. Costumes de David BELUGOU.

Avec Mélanie DOUTEY, Michel FAU, David KAMMENOS, Christophe PAOU et Rémy LAQUITTANT.

 


Du mardi au samedi à 21h00

Matinées samedi à 16h30 et dimanche à 15h00

4 rue Monsigny, Paris 2ème

01.42.96.92.42 www.bouffesparisiens.com  

 

- Photo © Marcel Hartmann -

- Photo © Marcel Hartmann -

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