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Un spectacle prenant et poignant tellement la véracité du récit nous captive. Sans pathos ni effets inutiles, nous découvrons l’histoire de l’enfance d’Helen Keller qui deviendra l’illustre femme politique engagée dans les actions humanitaires contre la malnutrition et pour la prévention de la cécité, et qui fut la première femme handicapée à obtenir un diplôme.

 

Tout ne fut pas simple du tout au début de sa vie. Née à la fin du 19ème siècle à Tuscumbia, en Alabama dans une famille aimante et démunie devant la surdité et la cécité contractées dans sa 2ème année, la privant alors de contacts préhensibles et compréhensibles avec le réel. Elle ne put être qu’une sorte d’enfant sauvage, livrée à ses pulsions et aux réactions que sa violence lui permettait de déclencher autour d’elle.

 

Sa famille soudée par l’amour et désemparée devant le drame de cette enfant pas comme les autres, sans doute culpabilisée par cette anormalité devant laquelle personne n’avait de prise, accepte de recevoir dans leur maison Annie Sullivan, une jeune éducatrice formée à l’éducation pour jeunes aveugles.

 

C’est cet épisode de la vie d’Helen que la pièce raconte, cette renaissance comme une ouverture aux autres, enfin. Épisode dont Helen Keller dira plus tard : « Vous connaissez mon histoire : comment quelques mots transmis par les doigts d'un autre, un rayon de lumière d'une autre âme, ont percé l'obscurité de mon esprit et m'ont permis de me découvrir, de découvrir le monde… ».

 

Comme dans une fable dont on devine la fin mais à laquelle on hésite à croire, le spectacle est ainsi fait qu’il nous tient en haleine tout le long. Nous vivons ardemment la progression lente et tenace de cette quête pour réussir ce pari incroyable de donner conscience à une enfant emprisonnée dans son noir et son silence.

 

L’émotion se conjugue au plaisir. Avec la douceur et la sérénité de cette famille accueillante et déchirée. Avec les moments de violence inouïe où la jeune enfant craque de ne pouvoir avoir et de devoir apprendre. Avec la calme détermination de cette éducatrice, Annie Sullivan, qui hésite mais ne rompt pas dans son combat pour la délivrance de cette prison à vie qu’elle veut exploser pour la liberté de Helen.

 

C’est un très beau récit, c’est un très beau spectacle.

 

L’adaptation et la mise en scène de Pierre Val centrent notre attention sur les jeux. L’épure volontaire dans la mise en vie des situations renforce la puissance de leurs messages.

 

Bien sûr, tout tient alors sur la qualité des comédiennes et des comédiens. Chose faite et réussie ! Chaque rôle est juste, l’harmonie est parfaite entre eux. Valérie Alane, Julien Crampon, Stéphanie Hedin (superbe Annie Sullivan), Marie-Christine Robert et Pierre Val sont impeccables et touchants. La jeune Clara Brice qui joue Helen, ce soir-là, est époustouflante de vérité et d’enthousiasme. Toutes et tous forment une belle équipe !

 

Un spectacle agréable, fort en émotions. Une histoire finement contée et très bien jouée. Un très beau temps de théâtre.

 

 

Une pièce de William GIBSON. Adaptation et mise en scène de Pierre VAL. Assistance à la mise en scène de Sonia SARIEL. Scénographie de Alain LAGARDE. Costumes de Pascale BORDET. Lumières de Anne-Marie GUERRERO. Création sonore de Fabrice KASTEL.

Avec Valérie ALANE, Julien CRAMPON, Stéphanie HEDIN, Marie-Christine ROBERT, Pierre VAL et en alternance Lilas MEKKI et Clara BRICE.


Du mardi au samedi à 21h00 – Matinée le samedi à 14h30

5 rue La Bruyère, Paris 9ème

01.48.74.76.99 - www.theatrelabruyere.com

 

- Photo © Lot -

- Photo © Lot -

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