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Sans aucune indiscrétion ni impudeur mais au contraire avec un respect intact et honorable de bout en bout du spectacle, LA CALLAS OUBLIÉE relate les premières années de celle qui au-delà de la Diva qu’elle est devenue, a contribué au renouveau de l’art lyrique et de l’opéra dans les années 1950 à 1970.

 

Quel plaisir immense d’entendre La Callas en off, toujours bien à propos dans ce qui pourrait être un biopic théâtral mais qui demeure avant tout un superbe hommage et une découverte insolite des espaces privés de sa vie. Ceux où elle façonnera sa puissante personnalité, s’abandonnera à une vibrante vie amoureuse et sans aucun doute là où elle construira aussi les fondements de son talent extraordinaire tant il a conquis moult mélomanes et spécialistes par ses caractéristiques novatrices et audacieuses. Ô combien !...

 

Trois octaves de tessiture. Timbre de velours et de cristal. Phrasé spécifique qui fait sa couleur musicale propre. Intensité dramatique inédite qu’elle fut la première à développer et intégrer systématiquement, alliant jeux et chants de pleine voix. Son apport à la théâtralité de l’opéra et à la technique vocale est immense, reconnu encore aujourd’hui comme majeur.

 

Dario Fo, l’illustre « homme de théâtre complet » et peintre par ailleurs, écrit cette pièce avec sa compagne et complice Franca Rame, et leur fils Jacopo. Comme un poème tendre et drôle, comme un dévoilement discret et généreux, comme un dernier salut à la Prima Donna, qui se montre empli de tendresse, de dévotion et d’humour.

 

Les personnages qui ont compté, les aléas qui ont parsemé ses chemins, les joies et les déceptions qui l’ont enrichies d’expériences multiples sur les plans personnel et professionnel durant ses années de jeunesse, tout nous est conté par le jeu et le chant.

 

L’ironie vient combattre le désespoir gris ou agrémenter les réparties incongrues des unes ou des autres car nous sommes bien chez les Fo !... Les apartés habiles des auteurs apportent une dérision, jouant sur le dedans-dehors, qui égaye la pièce en permanence.

 

La mise en scène et la direction de jeux de Massimiliano Verardi servent l’esprit du texte et ses messages avec l’élégance charmeuse et caustique qui conviennent. Les tableaux de Dario Fo illustrent et colorent le spectacle, même si nous pouvons regretter qu’ils soient trop peu mis en valeur, nous privant peut-être d’une richesse et d’une illumination plus grandes encore du spectacle.

 

La comédienne et les deux comédiens, France Renard, Philippe Pierrard et Aurélien Gouas sont convaincants dans les rôles nombreux qu’ils se partagent. Espièglerie, gouaille, charme et intensité ne manquent pas dans leurs jeux. Une distribution qui montre un engagement total et un plaisir de jouer évident et communicatif.

 

Un spectacle intéressant autant que savoureux sur une partie peu connue de la vie de La Callas. Un voyage plein de découvertes, drôle et chaleureux. Un très agréable moment.

 

 

Une pièce de Dario Fo, Jacopo Fo et Franca Rame. Traduction de Tony Cecchinato et Nicole Colchat.  Mise en scène de Massimiliano Verardi. Illustrations de Dario Fo.

Avec France Renard, Philippe Pierrard et Aurélien Gouas.


Jusqu’au 25 mars

Du jeudi au samedi à 21h30 et le dimanche à 18h00

6 rue Pierre au Lard, Paris 4ème

01.42.78.46.42 www.essaion.com

 

- Photo © DH Thomas -

- Photo © DH Thomas -

- Photo © Pierre Merle -

- Photo © Pierre Merle -

- Photo © DH Thomas -

- Photo © DH Thomas -

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