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Cette pièce qui compte parmi les « pièces baroques » de Louis Calaferte se veut tranchante, vive, cruelle presque tellement elle cingle et distille par flashs visuels et verbaux les quatre vérités de l’auteur sur le monde, observateur implacable et cynique de l’environnement social et économique.

 

Muni d’une palette de couleurs saillantes et d’émotions riches, Calaferte donne à ses personnages des propos qui passent de l’humour à la dénonciation, du cri aux larmes, de la bêtise aux abus de pouvoir, de la vulgarité à l’humiliation.

 

Ah ça ! Il ne fait pas bon se voir au travers de ce miroir social, de reconnaitre ou de sublimer nos communs, nos désirs, nos peurs ou nos fantasmes. Le texte est implacable et violent.

 

Sa théâtralité prend la forme de tableaux successifs, entre surréalisme et dérision, entre brutalité de la vérité qui se découvre et onirisme de la pensée ou de cauchemars redoutables de proximité. Des ruptures fréquentes nous font passer d’une situation de vie réaliste ou surréaliste à une autre sans lien apparent sauf ce fichu regard sombre et saccageur sur l’humanité.

 

Le rire est là heureusement, salvateur et vengeur pour apaiser la tension sans la réduire tout à fait. Calaferte nous fait faire des sauts à l’élastique, depuis des hauteurs différentes. Nous sommes accueillis en bas soit par une clownerie, une pantomime, une jeune fille qui appelle sa mère, un patron qui insulte un employé ou une femme qui crie comme une sorcière qui hurle.

 

Déroutant et déjanté. Prenant et surprenant.

 

La mise en scène de Clio Van de Walle sert à merveille la dimension conflictuelle de la pièce, dans un parti-pris qui semble emprunter des tours au cabaret berlinois. Le désarroi et la rancœur de l’auteur sautent aux yeux, son impertinence affutée aussi. C’est bien vu, ça brille d’ironie ou de désespoir selon les moments. Nous sommes interpellés directement, souvent frontalement et toujours par ce que nous voyons.

 

La jeune troupe très enthousiaste nous emporte. Tamara Al Saadi, Charlotte Bigeard, Samuel Giuranna (ce soir-là), Omar Mebrouk, Laura Mello et Ismaël Tifouche Nieto (remarquable vis comica), toutes et tous vibrent et servent leurs personnages avec un engagement farouche et maitrisé.

 

Retrouvailles réjouissantes de l’univers de Louis Calaferte dans un spectacle agréable et bien joué, à découvrir !

 

 

 

De Louis Calaferte. Mise en scène Clio Van de Walle assistée de Charlotte Bigeard. Maquillage Emmanuelle Gendrot (création), Clara Madronet et Emma Mangin. Coiffeur perruquier Alain Barnasson. Lumières Michael Bouey. Vidéo Jean-Briac d’Augustin et Guillaume Perinelle.

 

Avec Tamara Al Saadi, Charlotte Bigeard, Samuel Giuranna en alternance avec Geaoffrey Mohrmann, Omar Mebrouk, Laura Mello et Ismaël Tifouche Nieto.

 

Jusqu’au 6 mai

 

Mercredi et vendredi à 21h, jeudi et samedi à 19h et dimanche à 18h

 

1 avenue Junot, Paris 18ème

 

01.42.54.15.12  www.cine13-theatre.com

 

- Photo © Geoffrey Callènes -

- Photo © Geoffrey Callènes -

- Photo © Geoffrey Callènes -

- Photo © Geoffrey Callènes -

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