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Roman est né. Il vivra 13 jours.

 

Gaël Leiblang, son père, vient nous raconter jour après jour ce qui ne se conçoit pas sans douleur : L’accompagnement, avec son épouse, de la fin de vie de leur propre nourrisson.

 

D’une infinie précaution pour l’auditoire, une parole adroite et illustrative est délivrée et panse les blessures que taille le récit sans que jamais les mots ne maudissent. Pour partager, pour exorciser, pour comprendre la profondeur d’un mal qui ravage, qui tord à cru le sentiment de ce bonheur plein, intime et unique, celui d’accueillir la naissance d’un enfant.

 

C’est une implacable et magistrale gifle au cœur. Car il n’est pas possible de ne pas se projeter, avec ou sans expérience de paternité ou de maternité, le transfert est là, qui nous tient et qui ne nous laisse pas indemne face à cette épreuve de vie.

 

Avec la joliesse d’une présence tonique et chaleureuse, le spectacle parsème des moments suspendus comme dans un silence de cathédrale à peine troublé par la voix claire d’un enfant qui chanterait son désir de vivre, dans la joie et malgré la peine.

 

« À l’abri de tout mais face à la mort »

 

Une leçon de courage, un chant d’amour et de veille pour que rien ne puisse jamais faire oublier l’indicible mais le soulager, le prendre par la main pour continuer le chemin.

 

Écrit et joué par Gaël Leiblang, ce monologue théâtral est une histoire vraie. La mise en scène de Thibault Amorfini donne toute la finesse et la délicatesse au récit mais aussi un rythme et une puissance qui n’a pas besoin de pathos.

 

« Une fois que je serais parti, tu seras un homme Papa »

 

Un spectacle émouvant par son témoignage, beau par le jeu engagé et poétique de Gaël Leiblang avec des mots qui apaisent juste ce qu’il faut pour recueillir la résilience des propos.

 

La comparaison récurrente, réelle ou évoquée, avec différentes pratiques sportives permet de transposer et de réduire le face à face de transfert. Ces métaphores salvatrices aident à rappeler, tout le long, la valeur de l’espoir du vivant.

 

C’est sans doute pour tout cela que la restitution de cette histoire fait théâtre. Pour son partage, pour son émotion et pour son prodigieux regard vers demain.

 

Un moment de théâtre rare et pudique, parsemé de noblesse et de prouesse, d’élégance et d’amour. Je recommande vivement ce spectacle.

 

Spectacle vu le 20 juillet 2018,

Frédéric Perez

 

 

Texte et interprétation de Gaël Leiblang. Mise en scène de Thibault Amorfini. Création lumières de Boris van Overtveldt. Création sonore Cédric de Soubiron. Chorégraphie de Aurélie Mouilhade.

 

 

TU SERAS UN HOMME PAPA au Théâtre La Luna

 

à 17h25 jusqu’au 29 juillet

 

- Photo © Véronique Fel -

- Photo © Véronique Fel -

- Photo © Véronique Fel -

- Photo © Véronique Fel -

- Photo © Véronique Fel -

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