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Quel plaisir de retrouver la troupe de comédiens-chanteurs-musiciens de « Monsieur Choufleuri », toujours aussi enthousiaste et brillante.

 

Pour cet opus, c’est l’opéra-bouffe « l’île de Tulipatan » qui est à l’honneur. Une partition célèbre de Jacques Offenbach et de ses librettistes Henri Chivot et Alfred Duru, qui n’est pas piquée des vers, loin s’en faut !

 

Le Duc de Cacatois XXII de l’Ile de Tulipatan veut céder son trône à son fils, le prince Alexis mais Aléxis n’est pas un homme. Enfin on fait comme si car son père ne le sait pas. Par ailleurs le grand Sénéchal Romboïdal se plaint que sa fille Hermosa ne soit pas assez féminine et un peu trop poilue. Normal dit son épouse, ce n’est pas une fille. Enfin, on fait comme si car son père ne le sait.

 

Voilà l’histoire. Oui enfin non ! Car Alexis et Hermosa se rencontrent et éprouvent l’un pour l’autre une certaine attirance, comment dire… Enfin, vous voyez quoi, ils s’aimeraient que cela n’étonnerait personne.

 

Et alors, me direz-vous ? Je vous sens pâles d’impatience tout à coup ? Et bien faisons confiance à Offenbach et ses librettistes pour dénouer l’intrigue et lui donner la fin qui convient.

 

L’adaptation de Vinh Giang Vovan et Guillaume Nozach est fidèle à l’esprit alerte et enjouée, délibérément déluré de cet opéra-bouffe. Une abondance de clins d’œil potaches vient accentuer le côté particulièrement délirant de l’œuvre originale.

 

C’est bien fait et drôle, même si on ne comprend pas le choix de la bague et de son contenu que porte à ses narines le Duc. Un gag qui détonne, somme toute isolé parmi les autres. Comme une mouche dans le potage, cet effet racoleur est inutile dans le récit où l’ensemble est déjanté mais reste de bonne tenue. Un dérapage qui ne sent pas le bon décalage, dommage.

 

La mise en scène de Guillaume Nozach accompagne avec adresse le ton donné par l’adaptation. Les gags sont calés sans appuyer et les situations drôles font ressortir savamment le grotesque pour le fondre dans le burlesque. Efficace et amusant.

 

La distribution est brillante. Laetitia Ayrès (magnifique soprano délicate et douce), Guillaume Nozach, Alexis Meriaux, Hervé Roibin et Dorothée Thivet (mezzo-soprano truculente) jouent aussi bien qu’ils chantent. Le maillage entre voix chantées simples et lyriques fonctionne. À noter les deux excellentes musiciennes Jeyran Ghiaee au piano et Maëlise Parisot au violoncelle qui apportent un accompagnement tout en relief et en nuances des plus réussis.

 

La loufoquerie, les faux semblants et les remarquables airs de l’illustre compositeur sont au rendez-vous. Le divertissement est total. Il est même poussé ici jusqu’aux extrêmes. Mais à quoi nous attendre d’autre avec cette troupe foldingue ? Voici de joyeux doux dingues qui savent s’amuser, jouer et chanter pour notre plus grand plaisir.

 

Une pochade d’opérette, brillante et agréable. On rit des situations et on savoure de beaux airs de Offenbach. À ne pas manquer.

 

 

Spectacle vu le 28 juillet 2018,

Frédéric Perez

 

 

 

De Jacques Offenbach. Livret de Henri Chivot et Alfred Duru. Adaptation de Vinh Giang Vovan et Guillaume Nozach. Mise en scène de Guillaume Nozach. Chorégraphie de Delphine Huet. Création lumière de Marie Ducatez.

 

Avec Jeyran Ghiaee au piano et Maëlise Parisot au Violoncelle. Et avec Laetitia Ayrès, Nicolas Bercet ou Guillaume Nozach, Alexis Meriaux, Hervé Roibin et Dorothée Thivet.

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