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Comme un énoncé strict de souvenirs, d’une parole aride et lapidaire, ce spectacle surprend par son texte et par le jeu proche, si proche, de la comédienne qui fait de ces jaillissements du passé une kyrielle d’images intimes sur lesquelles il n’est pas possible de retrouver un peu de nous-même et de notre enfance.

 

Cette femme nous parle autant qu’à elle-même, devant parfois suspendre son propos pour ressentir et maitriser l’émotion du flash du passé qui la surprend tout à coup, au détour d’un objet qu’elle sort de son carton, ou d’un mot prononcé pendant qu’elle prépare les toasts ou encore lorsque  qu’elle dresse la table. Subtiles sensations partagées, le temps d’un souffle, l’instant d’un geste.

 

L’écriture de Valérie Mréjen est faite de ruptures et de césures. Loin du récit ordinaire, ce sont des parcelles d’histoire qui nous sont proposées et qui par leur inattendu et leur proximité, nous captivent.

 

Dès l’incipit, ces morceaux de vie sont troublants. Ces descriptions familiales autour de la figure excentrique de ce grand-père et des autres membres de la famille nous amusent par la curiosité qu’elle suscite mais nous charment tout autant par la tendresse lisse, légère et profonde à la fois, qui les colore.

 

Il y a une beauté quasi plastique dans l’esthétique de ces bribes d’histoire familiale posées là comme ça ou sciemment, on ne sait pas. Comme des éclats de lumières qui éclairent les parties d’un puzzle oublié et dont on regarde un à un les morceaux qui le composent.

 

L’affection est toujours présente, l’émotion n’est jamais très loin. Stéphanie Marc incarne pleinement ces mots d’hier et d’aujourd’hui.  Elle nous fait vivre tout à fait ces moments heureux, incompris ou douloureux, les offrant à nos regards et laissant venir les sensations.

 

Un spectacle au charme doux et piquant. Un très joli texte mis en scène avec adresse et délicatesse,. Une très belle interprétation. Je recommande vivement.
 

Spectacle vu le 25 juillet 2018,

Frédéric Perez

 

 

De Valérie Mréjen. Mise en scène de Dag Jeanneret. Scénographie de Cécile Marc. Eclairage de Christian Pinaud.

 

Avec Stéphanie Marc.

 

 

MON GRAND-PÈRE PARTAIT TOUS LES ANS EN ITALIE

 

à l’Artéphile à 16h20 jusqu’au 27 juillet

 

 

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