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Un spectacle historique alerte qui emprunte les chemins de la reconstitution sur le dévouement et la passion de Jean Moulin pour la République soumise à l’occupant durant la 2ème guerre mondiale tout en offrant un regard pudique et signifiant sur sa vie privée, ses doutes et ses convictions.

 

« … Le rôle capital qu'il a joué dans notre combat ne sera jamais raconté par lui-même, mais ce n'est pas sans émotion qu'on lira le Journal que Jean Moulin écrivit à propos des évènements qui l'amenèrent, dès 1940, à dire Non à l'ennemi… » Charles de Gaulle.

 

De juin 1940 jusqu’à sa mort en 1943, nous suivons l’Homme de l’Ombre, celui que De Gaulle choisit pour liguer la résistance en lui donnant carte libre. Celui qui doit convaincre les chefs de mouvements ou de sections pour rassembler dans le Conseil National de la Résistance les différents courants du combat. Celui qui est dénoncé aux motifs que la fiction nous montre mais que l’Histoire interroge encore.

 

« Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi... » André Malraux.

 

Jean-Marie Besset écrit un récit documenté et sensible à la théâtralité romanesque et prégnante où la figure humaniste de l’illustre combattant apparait clairement. La fiction accompagne la connaissance et fait ressortir l’épopée quasi lyrique de sa lutte incessante et manifeste.

 

Une démonstration utile, intelligente et positive de la dure et troublante réalité de la Résistance, de ses difficultés internes et de ses enjeux politiques. Par ailleurs, l’évocation de la vie privée peu connue de Jean Moulin illustre la dimension affective et amoureuse de l’homme, renforçant sa proximité avec nous.

 

La mise en scène de Régis de Martrin-Donos donne un mouvement filmique à la pièce, la rendant haletante. Les scènes d’ensemble se mêlent aux scènes plus resserrées. Le rythme est soutenu. Une tension savamment distillée entretient la progression tragique du récit. La scénographie et la musique créent une ambiance étrange et pathétique à la fois, aux allures de drame à l’inquiétude qui sourd et qui augmente peu à peu.

 

La distribution fait ressortir avec un engagement adroit les émotions, la violence du vécu, de son horreur et montre farouchement et impeccablement l’humanité des personnages. Les comédiens Jean-Marie Besset, Laurent Charpentier, Stéphane Dausse, Michael Evans, Loulou Hanssen, Laure Portier, Sébastien Rajon, Sophie Tellier et Gonzague Van Bervesselès sont tous convaincants et nous touchent.

 

Un spectacle qui contribue à l’œuvre de mémoire. Une interprétation saisissante. Je recommande vivement ce moment de théâtre riche et captivant.

 

 

Spectacle vu le 22 octobre 2018,

Frédéric Perez

 

 

De Jean-Marie Besset. Mise en scène de Régis de Martrin-Donos assisté par Patrice Vrain Perrault. Scénographie de Alain Lagarde. Lumière de Pierre Peyronnet. Costumes de David Belugou. Sons de Émilie Tramier.

Avec Jean-Marie Besset, Laurent Charpentier, Stéphane Dausse, Michael Evans, Loulou Hanssen, Laure Portier, Sébastien Rajon, Sophie Tellier et Gonzague Van Bervesselès.

 

Jusqu’au 17 novembre

Du lundi au samedi à 20h30

Matinées exceptionnelles samedis 20, 27 octobre et 3 novembre

41 boulevard du temple, Paris 3ème

01.48.87.52.55 www.dejazet.com

- Photo © Lucas Dubosc -

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