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Voici une jeune création talentueuse avec un superbe enthousiasme qui explose et qui se glisse dans tous les recoins de l’humour caustique des textes de Hanokh Lévin, de leur absurdie baignée d’humanité où l’affection domine et où les contraires ne se rencontrent jamais quoiqu’ils tentent.

« Tu viens t’allonger à côté de moi ? J’peux pas, ma grand-mère est morte, j’ai un mot ».

Et que je te fais la nique à Dieu ou au voisin, on ne sait pas... Et que je revendique mon indépendance mais refuse toute indifférence qui viendrait compromettre ma protection... Et que je cherche partout l'affection, la tienne surtout, qui pourrait m'envelopper de la quiétude d'un bonheur toujours attendu... Et que je te chante les anodines pensées qui bravent mes désirs et mes frustrations... Et que je te déclare tout net un amour ardent qui n’en est pas un, mais qui en exprime tellement sa quête toute maladroite soit-elle…

« Bref, ce que je voudrais, c’est que vous soyez ma mère pour la saucisse, une putain amateur pour la baise, et après la baise, que vous deveniez Caroline de Monaco pour vivre un amour torride, m’emmener en voyage à Monaco et m’épouser.../... Tant que vous ne me tendez pas le hot dog, tout est permis, tout est encore possible ».

La mise en scène de Rita Pradinas sert avec précision l’univers particulier et iconoclaste de l’auteur. Les chansons, si chères à Lévin, trouvent leur place comme une évidence. Les ruptures en sont, les regards sont justes et complices comme les adresses au public. Juste un petit bémol pour les entrées, sorties et mouvements des personnages qui ne sont pas toutes de même nature (marches simples ou marches sur lignes imaginaires), ce qui ne fait pas sens. Mais un bémol n’a jamais gâché une partition toute entière et c’est le cas ici. Il émane du spectacle un bien-être et une espièglerie tout à fait bienvenus.

La musicienne Kcidy chante et joue au clavier avec aisance. Sa voix claire et fluide convient à sa musique qui prend parfois des allures éthérées un rien psychédélique et accompagne agréablement l’ambiance générale du spectacle.

Les comédiens Yanis Boufferrache et Rosa Pradinas, qui chantent aussi, étonnent. La jeunesse qui surprend au premier abord laisse place à une fichue bonne maitrise du texte, de la voix et du corps. Les émotions sont là, elles tremblent de vouloir sortir. La dernière scène est particulièrement réussie, Rosa Pradinas, toute en tendresse, y est remarquable. Un spectacle qui signe un avenir prometteur pour ces deux jeunes comédiens. Yanis Boufferrache et Rosa Pradinas, des noms à retenir.

Ce spectacle est un plaisir de retrouvailles ou de découverte de l’univers de Hanokh Lévin, mis en vie avec enthousiasme et réussite.

 

Spectacle vu le 2 novembre 2018,

Frédéric Perez

 

De Hanokh Lévin. Mise en scène de Rita Pradinas. Musique de Kcidy. Création sonore de Nicolas Hadot. Création lumière de Laurie Sanchez.

Avec Yanis Boufferrache, Kcidy et Rosa Pradinas.

 

 

Spectacle de la Compagnie d’Alice

https://www.facebook.com/pg/encompagniedalice/posts/

 

 

- Photo © DR -

- Photo © DR -

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