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Un spectacle curieux et réflectif, truffé d’instants drôles, qui prend très vite l’allure d’un reportage-témoignage sur les affres de l’écriture et qui traverse les effluves d’une quête de conscience de soi et par conséquent de l’autre.

 

Quête identitaire donc mais aussi quête artistique et quête spirituelle tant elle voisine avec la ou les mystiques. Car au-delà du rationnel, acceptant un surnaturel qui éclaire la connaissance, nous voici confrontés à une approche philosophique de la découverte de soi, de l’ignorance de la croyance et de la soif ou la résignation d’apprendre à s’interroger pour comprendre le monde.

 

« Lui » est déjà là sur le plateau. Il nous invite, souriant et affable, à écouter et à voir la narration de son aventure. Il écrit ou du moins il a écrit un texte ou peut-être plusieurs. Il nous raconte ce qui semble avoir été un périple introspectif, périlleux et salvateur, où songes et réalités s’entremêlent sans que nous puissions (mais le faut-il ?) distinguer les uns des autres. Une narration pour laquelle il convoque les personnes qu’il a croisées et qui ont compté pour lui dans cette aventure spirituelle et initiatique.

 

« Lui » semble s’être amusé et avoir souffert, selon les moments. Il relate tout cela comme un cabri affolé et exalté qui attire l’attention par des sauts surprenants et rieurs. Il nous montre combien et comment les douleurs échappées de ses souvenirs ont surgi et ont côtoyé les désirs et les plaisirs assouvis ou frustrés. Combien et comment ils se sont amoncelés tout le long de son parcours. Un parcours qui finit comme il a commencé, dans un train entre Niort et Poitiers, là où son ordinateur dans lequel tous ses textes se trouvent, est oublié, comme le symbole ultime de son épreuve et de sa libération.

 

Le texte profond et plein d’humour, et la mise en scène espiègle de Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre, se jouent adroitement d’un réalisme trop cru en parsemant ici et là un onirisme voilé qui sied tout à fait au merveilleux et au mystère de la pièce. Le rythme alerte donné colore les échanges entre les personnages, particulièrement bien campés et tous joués avec brio.

 

Un spectacle surprenant et drôle, introspectif, qui laisse les questions en suspens pour qu’on puisse les faire nôtres, joué avec talent par une distribution pêchue et complice.

 

Spectacle vu le 19 novembre 2018,

Frédéric Perez

 

 

 

Texte et mise en scène de Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre (Éditions Les Solitaires Intempestifs) avec la participation de Éric Tillette de Clermont-Tonnerre. Dramaturgie de Sarah Oppenheim. Scénographie de Alexandre de Dardel avec la collaboration de Louise Sari. Assistanat à la scénographie de Rachel Testard. Création lumière de Kelig Lebars. Création son de Nicolas Delbart. Création vidéo de Christophe Waksmann. Régie générale par Marie Bonnemaison. Régie lumière par Grégory Vanheulle. Atelier de construction Le Préau - CDN de Normandie-Vire.

 

Avec Mathieu Genet, Bruno Gouery, Mireille Herbstmeyer,

Flore Lefebvre des Noëttes, Lisa Pajon en alternance avec

Florence Fauquet et Makita Samba.

 

Jusqu’au 30 novembre

Du lundi au vendredi à 20h00

7 rue des Plâtrières, Paris 20ème

01.40.31.26.35  www.lesplateauxsauvages.fr

 

 

- Photo © DR -

- Photo © DR -

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