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- Photo © Matthias Plantard -

Opérette surannée des années 1930, AZOR aurait très bien pu rester dans les cartons des afficionados d’opérettes ou sur les pupitres des cours de chant. Cela aurait été un dommage certain et certainement une erreur de classement parmi les poussiéreuses archives de partitions où de petits chefs d’œuvres peuvent être encore découverts. La preuve !

 

Voici un spectacle musical et dansé, haut en couleurs, en enthousiasme et en clins d’œil complices. Un spectacle au charme fou d’un show façon comédie musicale qui n’en reste pas moins une opérette à la légèreté survoltée de celles de l’entre-deux guerres, actualisée ici tendance dingo et façon rocky, qui nous emporte dans une fantaisie déjantée pour notre plus grand plaisir étonné.

 

« Azor est le surnom du commissaire de police du quartier d’Auteuil. C’est un brave garçon, ahuri au grand cœur, poète à ses heures. Il a le coup de foudre pour une jeune fille qu’il a croisée par hasard dans la rue et qui se révélera être la fille du ministre de la Justice. Séducteur malgré lui, il est également poursuivi par une femme mariée, qui le menace de le tuer s’il la quitte, et par une voleuse à la tire, fascinée par sa verve poétique. Tout ce petit monde se retrouve à un bal costumé chez le ministre. Azor réussira-t-il à ravir celle qu’il aime ? »

 

Un argument qui donne de savoureux prétextes aux traits saillants, aux quiproquos amusants comme aux airs entrainants et aux chorégraphies joyeuses et débridées. La bonne humeur est de mise, l’élégance et la virtuosité aussi. Jazz, bossa-nova, pop-rock, chansons gouailleuses ou à pleine voix, danses et lumières à la manière des boites de nuit des sixties et des seventies, tout y est pour le plaisir d’un amusement insouciant et rythmé, totalement dépoussiéré, finalement proche de l’esprit de l’opérette et fidèle à l’insolence foldingue de l’époque d’origine.

 

La réalisation d’ensemble est audacieuse. Elle pousse délibérément les limites des codes du genre et nous fait passer d’un univers un rien désuet vers un ailleurs totalement réjouissant qui ose l’inhabituel et nous laisse des étoiles plein les yeux. Entre burlesque et dérision, le comique est efficace et fait mouche. On rit, on sourit, on chantonne et on bougerait presque.

 

Réalisation audacieuse grâce à la mise en scène très bien tournée de Stéphan Druet, qui dépote et qui grouille de partout, bourrée d’astuces rieuses et colorées. Grâce aussi à la chorégraphie de Alma de Villalobos qui donne au spectacle un parfait rendu déchainé du « Swinging Sixties ». Les arrangements musicaux de Emmanuel Bex servent un décalage déjanté, moderne et soigné, qui relève le pari de mettre le feu à une opérette, rien moins.

 

Un délice de musique populaire d’hier et d’aujourd’hui qui ne se prend pas au sérieux et qui nous laisse pantois et éblouis à la fois.

 

La troupe est d’un dynamisme débordant, d’une justesse de chant et d’une précision de danse époustouflantes. Julien Alluguette, Gilles Bugeaud, Fanny Fourquez, Pauline Gardel, Quentin Gibelin, Emmanuelle Goizé, Estelle Kaïque et Pierre Méchanick jouent, chantent et dansent avec un évident talent et un plaisir communicatif. Le tout callé au cordeau avec souplesse, aisance et une belle musicalité. Les musiciens Antonin Fresson, Tristan Bex et Emmanuel Bex jouent en direct avec brio. Chapeau bas et bravo les artistes !

 

Un spectacle réjouissant, drôle et plein de gaité, servi par une distribution brillante et en verve. Un joli temps de plaisir et de fantaisie.

 

 

Spectacle vu le 2 janvier 2019,

Frédéric Perez

 

 

 

Musique de Gaston Gabaroche, Pierre Chagnon et Fred Pearly. Livret de Albert Willemetz, Max Eddy, Raoul Praxy. Mise en scène de Stéphan Druet. Direction musicale et arrangements de Emmanuel Bex. Conception de Emmanuelle Goizé, Gilles Bugeaud, Pierre Méchanick. Chorégraphie de Alma de Villalobos. Lumière de Christelle Toussine. Scénographie de Emmanuelle Goizé. Costumes de Denis Evrard.

Avec Julien Alluguette, Gilles Bugeaud, Fanny Fourquez, Pauline Gardel, Quentin Gibelin, Emmanuelle Goizé, Estelle Kaïque et Pierre Méchanick.

Guitare Antonin Fresson, batterie Tristan Bex, orgue Hammond Emmanuel Bex.

 

Jusqu’au 13 janvier

Mardi au samedi à 20h00 et dimanche à 16h00

7 rue Boudreau, Paris 9ème

01.53.05.19.19  www.athenee-theatre.com

- Photo © Nicolas Spanoudis -

- Photo © Nicolas Spanoudis -

- Photo © Nicolas Spanoudis -

- Photo © Nicolas Spanoudis -

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