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Passer une soirée au festival Mises en Capsules, qui fête cette année sa treizième édition, c’est se laisser prendre et surprendre par ces formes courtes théâtrales où nous ne savons pas vraiment ce que nous allons découvrir, si nous allons aimer, si nous serons touchés ou simplement et c’est déjà beaucoup, si nous serons intéressés par cette démarche singulière qui laisse le plateau à de nouveaux talents.

 

Il y a de l’audace, de l’engagement, de l’émotion, de la recherche esthétique dans ces créations de 30 minutes. Il y a avant tout un magnifique bonheur à assister, se réjouir parfois, se régaler aussi, devant ces coups d’essais ou de maîtres.

 

Bien sûr, chacune ou chacun y trouvera son intérêt, peut-être un peu d’ennui parfois, beaucoup de plaisirs sans aucun doute. C’est inégal de fait puisque c’est différent. C’est plus ou moins abouti selon les pièces, les expériences ou les artistes mais qu’importe, c’est prodigieux parce que cela existe. Des spectacles vivants qui osent, qui tentent, qui inventent.

 

Voici le programme de cette soirée de jeudi. Nous reprenons les énoncés distribués car eux-aussi sont courts et réussissent à dire l’essentiel dans un petite forme tout à fait explicite :

 

OH LA LA TOUT S’EFFONDRE !

« Une histoire folle d’amants et de maîtresses, sur un rythme effréné, se métamorphose en cataclysme écologique et social. »

Texte et mise en scène de Elie Salleron. Avec Guillaume Dubois, Lucas Hénaff, Agathe Robinet, Elie Salleron et Lisa Spurio.

Surprenant imbroglio qui entremêle un vaudeville très appuyé et un message politique qui l'est un peu aussi. Je ne suis pas sûr que, ainsi fait, l’un serve l’autre et réciproquement, mais pourquoi pas !

 

MON FILS JOHN

« Dans une petite ville de province. Murielle, gilet jaune convaincue, est surtout une épouse autoritaire, jalouse et possessive qui tyrannise sa famille pour que tout se passe comme elle a décidé. Seulement ce jour-là, elle n’avait pas prévu que son fils John ferait son coming-out en plein dîner. »

De Julien Ratel. Mise en scène de Constance Carrelet et Julien Ratel. Avec Ludivine de Chastenet, Philippe Bérodot, Thibaut Le Gellec et Bertrand Combe.

Un texte prenant et bien tourné qui nous propose une plongée chez les gens d’en bas, confrontés à un évènement qui tranche dans leur quotidienneté et qui ébranle les sentiments d’affection et d’amour. Les valeurs sont hautes (aussi) chez les gens d’en bas. C’est drôle, efficace et émouvant. C’est particulièrement bien joué. Sans doute une pièce mémorable.

 

MAINTENANT TU SAIS POURQUOI TU PLEURES

« Peut-on éduquer sans punir ? Peut-on élever sans frapper ? Ce n’est pas qu’on ait posé la question à un militaire pour s’amuser, mais papa était l’exemple qui nous a le plus marqué. C’était sympa l’enfance, on a adoré, mais après coup papa nous a enseigné qu’on peut corriger sans éclairer. »

Texte et mise en scène de Simon Beauroi et Dorothée Deblaton. Avec Jean-Baptiste Artigas, Simon Beauroi, Dorothée Deblaton, Brontis Jodorowsky, Tess Osscini Bejjani et James Zamochnikoff.

La dureté et la clarté du récit nous éclaboussent. Les souvenirs de nos propres enfances et les réflexions suggérées ruissellent en nous sans aucun doute, par fantasmes projetés ou par vécus interposés. Une puissante interprétation sert ce texte coup de poing. Un moment fort.

 

LE CŒUR A L’EFFORT

« Au prétexte d’une rupture, une femme revisite certains de ses amours passés. Elle y recroise un père absent qui se prend pour Mike Brant, un amoureux qui n’aime pas les chats, pour lequel tout est « redescendu » et puis d’autres affaires croisées ou imaginaires, mais qui toujours convoquent les distances très variables entre soi et l’autre. « Le Cœur à l’Effort » est un spectacle parlé et dansé, écrit pour deux comédiens. »

De Fatima N’Doye. Mise en scène de Nathalie Dorion et Fatima N’Doye. Direction d’acteurs de Nathalie Dorion. Avec Fatima N’Doye et Nicolas Wanczycki.

La relation de couple, la rupture, les sentiments d’abandon et de renoncement sont évoqués ici avec la douceur d'une distance digne et la poésie de deux corps qui se parlent, se touchent et qui dansent. Un instant suspendu. L’idée est plus belle que son écriture, nous semble-t-il. Les deux artistes sont troublants et convaincants.

 

CIEL ROUGE. MATIN.

« Pièce polyphonique, « Ciel rouge. Matin. » retrace 24 heures de la vie d’une famille typique non loin du désert australien. Entre monologue interne, expérience de cette journée et adresse au public, les trois voix invitent à partager un voyage au cœur de la solitude de la cellule familiale. »

De Tom Holloway. Traduction et mise en scène de Aurore Kahan. Avec William Astre, Roxane Mettrayet et Corinne Valancogne.

Une partition intéressante. Des soliloques qui nous parlent sans jamais se parler. L’imaginaire est convoqué pour pouvoir suivre les récits de ces vies parallèles et néanmoins communes, de leurs désirs et de leurs réalités. Jeux nourris et calés. Impressionnant et âpre.

 

Quel plaisir que ce festival ! Quelle soirée !... Un petit tour à ces Mises en capsules est vivement recommandable !

 

Spectacles vus le 30 mai 2019,

Frédéric Perez

 

 

Jusqu’au samedi 8 juin

Du lundi au samedi à partir de 19h00

5 spectacles de 30 minutes par soirée

 

1 avenue Junot, Paris 18ème 01.42.54.15.12

www.thearelepic.com et www.misesencapsules.com

 

 

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