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« Jacob, un jeune Juif de Constantine, est enrôlé en juin 1944 pour libérer la France. De sa guerre, les siens ignorent tout. Ces gens très modestes, pauvres et frustes, attendent avec impatience le retour de celui qui est leur fierté, un valeureux. Ils ignorent aussi que l’accélération de l’Histoire ne va pas tarder à entraîner leur propre déracinement. »

 

Rachel est la mère de Jacob, son benjamin. Quand il part pour rejoindre l’armée, cette mère protectrice et enveloppante supporte mal la séparation qui la tourmente et qui la prive. Elle ne peut supporter non plus le trop-peu puis l’absence de nouvelles. Elle décide d’aller se renseigner de caserne en caserne jusqu’à ce qu’on lui dise enfin que Jacob est parti pour la guerre.

 

L’adaptation théâtrale de Dyssia Loubatière du roman de Valérie Zenatti raconte les deux récits de vie en parallèle. Celui de Jacob à la guerre, celui de Rachel qui attend son retour.

 

Rachel a peur pour son fils. Jacob a peur de mourir. Elle attend dans la souffrance de l’appréhension et guette la moindre information à la radio. Il découvre le premier amour et participe à ses premiers combats.

 

Sera-t-il un bon soldat devenu un homme presque par hasard ? Saura-t-elle surmonter les épreuves qui l’attendent ? Se reverront-ils enfin ?

 

La force de la pièce se situe dans la dualité de ces deux récits qui semblent se répondre. Un texte bouleversant d’amour, rempli d’espérances, de colères et d’énergie du désespoir. Un texte où l’apprentissage de la résignation apprivoise une douleur qui ne s’efface pas.

 

Quel oubli possible pour ces meurtrissures creusées pour toujours ? « Quelle connerie la guerre ! ».

 

L’adaptation et la mise en scène de Dyssia Loubatière donnent aux propos de Rachel et Jacob une résonance permanente qui met en écho les souffrances et les attentes de chacun. Les personnages partagent des sentiments intenses. Leur affection réciproque ressort avec force. L’émotion nous atteint et va crescendo.

 

Une partition troublante et magnifiquement interprétée.

 

Christiane Cohendy est cette comédienne solaire que nous connaissons et apprécions tant. Elle est à nouveau superbe et impressionnante. Sans excès, toute en finesse de jeu, elle donne à Rachel une puissance émotionnelle aux variations riches et nuancées. Une Rachel crédible, de la douleur à la colère.

 

Florian Choquart joue Jacob avec une ardeur et un vif-argent remarquables. Son jeu nous saisit. Un comédien que nous découvrons avec plaisir. Il est surprenant. En harmonie parfaite avec Christiane Cohendy.

 

Jeanne Disson est Louise, la jeune fille rencontrée un soir par Jacob dans une ville d’étape. Un rôle court et délicat, très bien joué.

 

Une histoire sombre comme le sont les histoires de guerre mais un spectacle débordant de vitalité et riche d’émotions. Une interprétation magnifique et touchante.

 

Spectacle vu le 14 juillet,

Frédéric Perez

 

De Valérie Zenatti. Mise en scène de Dyssia Loubatière. Scénographie de Simon Vallery. Création Lumière de Léo Thevenon. Création Son de Pierre Bodeux. Costumes de Cidalia Da Costa. Maquillage de Cécile Kretschmar.

 

Avec Christiane Cohendy, Florian Choquart et Jeanne Disson.

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