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Un spectacle à la fraîcheur pétillante, bien écrit et très bien joué qui fait ressortir une cocasserie foldingue frisant un absurde déjanté dans une opérette de qualité datant des années folles, dont s’empare ici une troupe de talent et débordante d'enthousiasme.

 

« Entre Londres, Le Touquet et Paris, Totte et Maxime découvrent l’amour, la jalousie et la lutte des classes. Un florilège de figures emblématiques de l’Entre-deux-guerres – un domestique de music-hall, un majordome communiste, une sauvage femme fatale, un magnat déconnecté, une cocotte aristocratique et une gueuse carriériste – mêleront à cette trame matrimoniale les délires et impostures de l’époque. »

 

Ça pétille, ça swingue, ça chante et ça danse aux sons et aux rythmes dans le vent des années folles, du fox-trot au one-step, du charleston au boston en passant par la valse et le paso doble. Le ton est à la romance rieuse et cocasse. La mise en place se délecte d’un burlesque débridé savoureux.

 

C’est jazzy à souhait, la partition date de 1928. Le compositeur Maurice Yvain, orfèvre reconnu et avisé en la matière, est l’un des premiers à ouvrir la voix de l’opérette moderne aux couleurs de la comédie musicale et de la revue de music-hall. Le livret de Pierre Soulaine, René Pujol et Jacques Bousquet, l’adaptation de Vladislav Galard et Paul-Marie Barbier, et les lyrics du fameux Albert Willemetz, truffent la composition d’humour, de légèreté et d’insouciance tout en maintenant un intérêt certain pour une écriture intéressante et nourrie qui se marie avec bonheur aux airs et aux orchestrations de Maurice Yvain.

 

La mise en scène de Vladislav Galard et Bogdan Hatisi frappe dans le gong d’une dinguerie pleine de surprises et résonne tout le long. Les effets des délicieuses astuces et des très drôles ruptures sont enchanteurs. De la belle ouvrage.

 

La distribution est alerte et techniquement impeccable, la complémentarité exemplaire. En commençant par les excellents musiciens, Paul-Marie Barbier, Matthieu Bloch et Thibauld Perriard.

 

Puis les chanteuses bien sûr, Caroline Binder à la vis comica détonante, Clarisse Dalles et Anne-Emmanuelle Davy aux jolis brins de voix, et Emmanuelle Goizé à la gouaille tonique et savoureuse. Et enfin, les chanteurs débordants d’énergie, Célian d’Auvigny, Eric Boucher, Gilles Bugeaud, Mathieu Dubroca et Flannan Obé.

 

Toutes et tous sont brillants. Elles et ils chantent et jouent leurs rôles avec adresse et efficacité. Chapeau bas mesdemoiselles et messieurs.

 

Une opérette moderne des plus réussies où les airs et les situations offrent un divertissement musical agréable, drôle et intéressant. La joie déborde et le plaisir ruisselle. À voir, à écouter et à savourer sans modération.

 

 

Spectacle vu le 10 novembre 2019,

Frédéric Perez

 

 

De Maurice Yvain, lyrics Albert Willemetz, livret Pierre Soulaine, René Pujol et Jacques Bousquet, adaptation Vladislav Galard et Paul-Marie Barbier, mise en scène Vladislav Galard et Bogdan Hatisi, scénographie François Gauthier-Lafaye, costumes Benjamin Moreau, lumières Yvon Julou.


Avec Clarisse Dalles, Caroline Binder, Emmanuelle Goizé, Anne-Emmanuelle Davy, Gilles Bugeaud, Eric Boucher, Célian d’Auvigny, Mathieu Dubroca et Flannan Obé, Paul-Marie Barbier (piano et vibraphone), Matthieu Bloch (contrebasse), Thibauld Perriard (percussions et piano).

 
 

- Création en résidence au théâtre Montansier -

 

au théâtre de l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet

 du 19 décembre au 16 janvier

 

Production déléguée Bru Zane France,

avec la Compagnie Les Brigands
Coproduction théâtre Montansier, Opéra de Reims, La Coursive, Scène nationale La Rochelle

Coréalisation : Athénée Théâtre Louis-Jouvet

 

 

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