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Attention, pépite !

Un magnifique spectacle, prégnant et intrusif où le récit se situe à la croisée des chemins entre la pulsion de vie et la pulsion de mort, l’une et l’autre mènent tout le long un combat qui les oppose face à face mais construisent ensemble un dialogue qui les fait également cheminer côte à côte. C'est une formidable déclaration d'amour. C'est beau et fort, profondément.

« Être déclaré mort, quelques heures, qu’est-ce que cela changerait dans votre vie ? Comment revient-on d’entre les morts ? Comment oser se présenter à nouveau devant ceux ou celles qui vous aimaient ? Mourir est une chose... retourner à la vie en est une autre... Cette étrange expérience, Olivier Bécaille va la vivre... et découvrir toutes les étapes qui permettront la disparition de ses peurs, son retour à la lumière puis à la joie. Mourir peut être un cauchemar mais aussi la plus belle preuve d’amour. »

Un moment de théâtre où nous traversons la tristesse de la perte et la douleur du deuil, la crainte de l’abandon et la peur de la mort et malgré tout, la joie de vivre aussi. Un cheminement incroyable et pourtant. Un cheminement parsemé de soulagements qui fait penser au bonheur, attendu ou espéré, trouvé ou retrouvé. La puissance narrative est détonante et touchante. Voici que sont soulevées nombre de réminiscences, de confrontations à des hantises enfouies ou oubliées. Voilà que notre perception est stimulée de sensations intimes et de pensées proches, fragiles et mémorables, ténuement solides.

La pièce de Jean-Benoît Patricot est écrite à partir d'une nouvelle de Zola. Le récit l'extrapole et lui donne une originalité qui vient nous toucher puissamment. Le texte et la mise en scène de l'auteur donnent forme à un pur bijou théâtral, inspiré et sensible. La profondeur manifeste de l’introspection dans la description des aléas rencontrés par Olivier Bécaille s’expose dans un récit riche en couleurs, en rebonds et en sensations, alliant tensions et pauses dans une progression dramaturgique équilibrée et captivante. Le fil narratif trouve tout le long ses points d'équilibre et ses éclats d'émotion.

Écrit pour le comédien Bertrand Skol, ce monologue théâtral, baigné du splendide univers musical de Olivier Mellano et accompagné par les voix off de Salomé Villiers, Tessa Volkine et Olivier Pajot, offre une partition harmonieuse, complexe et chargée. Bertrand Skol l’interprète avec une intensité tranquille et puissante. Le personnage est campé avec finesse et densité, littéralement incarné. Une époustouflante interprétation. Nous connaissions la vis comica de ce comédien, son aisance à jouer des textes plus sérieux, notamment dans le théâtre philosophique, mais nous le découvrons ici développant toute une palette de jeux. Un talent remarquable qui nous cueille à nouveau aujourd'hui et qui semble s’étoffer toujours et encore.

Un spectacle original et passionnant, véritablement touchant, tant il vient nous parler très près et sait nous surprendre par son écriture habile et sensible, sa mise en vie impeccable, envoûtante et surtout, sa superbe interprétation. Une incontournable découverte du festival que je conseille vivement.

Spectacle vu le 12 juillet 2022

Frédéric Perez

 

Texte et mise en scène de Jean-Benoît Patricot, librement inspiré de La Mort d’Olivier Bécaille d'Emile Zola. Création musicale : Olivier Mellano.

Avec Bertrand Skol et les voix de Salomé Villiers, Tessa Volkine et Olivier Pajot.

 

 

Jusqu’au 30 juillet à 17h20

(relâche le lundi)

 

Photo © Cédric Vasnier

Photo © Cédric Vasnier

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Photo © Cédric Vasnier

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