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Réjouissant, Pétillant, Eclairant.
« La légèreté des rires, le poids des vérités »
Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, comédie brillante, raconte les manigances de Figaro et Suzanne pour empêcher le comte Almaviva d’exercer son droit de cuissage, tout en dénonçant les inégalités sociales, la domination masculine et les hypocrisies de l’aristocratie.
La mise en scène de Léna Bréban orchestrée avec brio, donne à cette œuvre, trois siècles après sa création, une modernité brûlante : rapports de classe, abus de pouvoir et consentement bafoué y résonnent encore. La tension entre drôlerie et gravité est constante, révélant sous l’apparente légèreté de la comédie les privilèges et les hypocrisies d’un ordre social figé. Une soirée de théâtre qui fait rire autant qu’elle interroge : notre monde a-t-il vraiment changé ?
Dès l’ouverture, l’énergie de la troupe nous happe. La scène où Suzanne confie à Figaro les avances du comte illustre immédiatement cette dualité : vaudeville pétillant et ombre inquiétante, avec des parallèles évidents avec notre époque. Chaque quiproquo et chaque volte-face révèlent l’écrasement d’une classe par une autre, l’avidité d’un pouvoir sûr de lui et la vulnérabilité des femmes face aux désirs imposés.
La scénographie d’Emmanuelle Roy est astucieuse : les murs s’érigent et se déplacent, nous transportant de la chambre de Figaro et Suzanne au salon de la comtesse, jusqu’aux confins de cette nuit mouvementée sous les marronniers.
Philippe Torreton offre un Figaro magistral, bien que le personnage soit traditionnellement jeune, son talent, son humour et sa justesse donnent vie à un valet rusé, amoureux et lucide. Chaque réplique mêle jubilation et colère, et le célèbre monologue de Figaro devient un véritable discours engagé. Marie Vialle incarne une Suzanne fraîche et vive, formant avec Figaro un duo à la complicité tendre et ironique. Grégoire Oestermann est un comte Almaviva saisissant : odieux et prédateur, ses mimiques et sa gestuelle alternent avec un humour grinçant, rendant son personnage aussi terrifiant qu’attachant. Annie Mercier, en Marceline, impressionne par sa voix grave et profonde. Antoine Prud’homme de La Boussinière charme en Chérubin malicieux, tandis que Gretel Delattre révèle peu à peu l’esprit de rébellion de la comtesse. Jean-Yves Roan, Salomé Diénis-Meulien, Éric Bougnon et Jean-Jacques Morea complètent cette troupe avec brio, chacun apportant humour et charme à l’ensemble.
Léna Bréban et cette troupe de fabuleux comédiens nous offrent un spectacle vivant, pétillant et engagé, qui fait autant rire qu’il interroge sur les injustices sociales, les rapports de pouvoir et la condition des femmes. Trois siècles après sa création, la comédie de Beaumarchais reste un miroir brûlant de notre société
Claudine Arrazat
Assistante à la mise en scène Ambre Reynaud / Costumes Alice Touvet / Perruque Julie Poulain / Lumières Denis Koransky / Compositeur Victor Belin / Création sonore Victor Belin et Raphael Aucler / Production La Scala Productions & tournées
Figaro, valet de chambre du comte et concierge du château. Philippe Torreton / Suzanne, première camériste de la comtesse, et fiancée de figaro. Marie Vialle / Le comte Almaviva, grand corrégidor d’Andalousie. Grégoire Ostermann / La comtesse, sa femme. Gretel Delattre / Marceline, femme de charge. Annie Mercier / Chérubin, premier page du comte. Antoine Prud’homme de La Boussinière / Antonio, jardinier du château, oncle de suzanne et père de fanchette. Jean-Yves Roan / Fanchette, Fille d’Antonio. Salomé Diénis-Meulien / Bartholo, médecin de Séville. Jean-Jacques Moreau / Basile, maître de clavecin de la comtesse. Éric Bougnon / Don Gusman, Brid'oison, lieutenant du siège. Éric Bougnon.
Théâtre La Scala 13, boulevard de Strasbourg 75010 Paris
Du 10 septembre 202( au 4 janvier 2026 Horaire À 17h OU 21h
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