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Un spectacle de numéros circassiens chorégraphiés dans un tonus ébouriffant. Nous découvrons ici un duo qui prend un malin plaisir à bousculer les habitudes tout en cultivant une proximité malicieuse avec le public.
Deux corps qui jouent, dansent, feintent, se frôlent et se défient comme si un monde entier se construisait à partir d’un simple vestiaire de salle de sport. Cette apparente simplicité crée une énergie qui circule sans cesse et qui amuse autant qu’elle déroute. Très vite, nous glissons dans un territoire de surprises où les gestes racontent, avec une précision qui donne à sourire et parfois à éclater franchement de rire.
Ce spectacle s’empare du burlesque comme d’une matière vive. Les artistes-athlètes Alfonso Barón et Luciano Rosso sculptent la scène avec leur capacité à tout transformer. Une portée devient tremplin, le plateau devient ring et un regard devient séisme miniature. L’athlétisme du jeu se mêle à un sens du détail d’une grande finesse. Nous avançons dans le spectacle comme dans un match amical où la tendresse se mêle à la rivalité. Le rythme semble pulsé par une complicité à la fois solide et espiègle. Une alchimie façon fantaisie contrôlée qui glisse de la tendresse à la provocation douce avec une aisance remarquable.
La gestuelle gymnique emprunte autant au cirque, à la danse, au mime et au clown. L’humour naît souvent d’un décalage minime, d’une posture exagérée ou d’une imitation parfaitement inattendue. L’ensemble donne une impression d’improvisation même si la mécanique subtile est présente pour tenir l’édifice.
La salle réagit par vagues, comme si les mouvements déclenchaient des ricochets de bonne humeur. Une scène peut passer du trouble discret au fou rire puis à l’émotion délicate. Les artistes jouent avec les contrastes et s’amusent à surprendre sans chercher l’effet pour l’effet. Une sorte de vérité sportive se lit dans leurs gestes. Les spectateurs voient des corps qui pensent et qui s’affrontent dans un plaisir contagieux.
La grande réussite réside dans la liberté qui traverse l’ensemble. Cette liberté donne à la représentation une allure de laboratoire joyeux. Les interprètes se jettent dans leurs inventions avec une confiance qui rassure. Les spectateurs suivent volontiers cette trajectoire singulière où le théâtre physique devient langage. La salle réagit avec chaleur.
Le spectacle trouve ainsi sa dynamique interne dans des accélérations soudaines et des suspensions malignes. Un geste ou une posture peut déclencher une attente complice avant une explosion d’énergie. Cette succession crée une cadence proche d’un jeu permanent. À travers cette danse ludique, les artistes construisent une fable sans mots qui célèbre le désir, ses élans et ses maladresses, et la séduction, avec ses victoires minuscules et ses rapprochements inattendus.
Une humanité vibrante palpite dans cette arène où l’humour gagne toujours, grâce à l’élégance d’un dispositif scénique simple et fertile. C’est une suite de numéros agiles et facétieux qui donne au spectacle des allures proches d’un cabaret sportif et débridé de music-hall. Un moment singulier et drôle rempli d’ingéniosité.
Spectacle du 8 décembre 2025
Frédéric Perez
De Luciano Rosso. Mise en scène Hermes Gaido. Lumières Hermes Gaido. Musique sélection collective. Assistant mise en scène Nicolás Poggi.
Avec Alfonso Barón et Luciano Rosso. Et un poste de radio.
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