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Un spectacle criant de vérité et de révolte. Un spectacle de démonstration et de dénonciation de la réalité qui fait « mal au monde », réalité vue par cinq jeunes né·e·s dans les années 90 et qui voient les restes de ce nous leur avons laissé.

 

Une série de tableaux de 1989 à nos jours nous sautent au visage, nous touchent au cœur et au corps. Même si l’humour et la dérision des personnages nous forcent souvent à sourire, ils font mouche les bougres !

 

Nous commençons notre périple à Berlin, le 9 novembre 1989. Le jour où le mur tombe. Le jour où éclate une joie indescriptible devant cette liberté retrouvée ou découverte. L’intensité est là, l’émotion nous saisit.

 

Puis, chemin faisant, la déchéance de l’espoir s’impose là-bas comme ici ou ailleurs. Les libertés ne sont pas acquises. Le mur est tombé, et après ?

 

Les abus de pouvoir. Les inégalités sous le règne des riches et de leur argent. Le terrorisme. Les privations individuelles et le cynisme de la pauvreté qui pleurent ou se soumettent sans n’avoir jamais assez de force pour se rebeller. Les migrants qui s’échouent pour mourir. Les dictats de la société de consommation qui créent le désir et la frustration. Les prescriptions du système…

 

« Dis, c’est encore loin le paradis ? »

 

Devant ce magnifique cri pour la liberté, pour le droit au bonheur et pour l’amour de vivre, nous ne pouvons que nous interroger à notre tour sur la responsabilité des générations précédentes et de celles d’aujourd’hui, sur ce qu’elles ont laissé, sur ce qu’elles ont transmis. Sur ce qui a manqué de courages ou de valeurs pour laisser ainsi l’humanité partir à la dérive.

 

« Le temps n’est pas notre allié, c’est notre juge et nous sommes déjà en sursis »

 

Le texte de Florian Pâque est sans concession, cru et cruel, terriblement implacable. Il montre l’injustice et les inégalités avec la brutalité de la désespérance et la tristesse du renoncement. Il fait vibrer l’espoir d’un avenir meilleur si les gens… enfin, si nous… à condition que…

 

La théâtralité réussie de l’écriture et la mise en scène adroite et alerte donnent au spectacle une dimension attractive percutante. Les accents de la révolte résonnent en nous en permanence, les nombreuses démonstrations de solidarité entre les personnages nous touchent souvent, nous baignant d’émotion.

 

La distribution très engagée joue les différents rôles avec chaleur, justesse et sincérité. Sélène Assaf, Tiphaine Canal, Rafaela Jikovsky, Florian Pâque et Lisa Toromanian sont superbes. Nous nous sentons concernés et proches d’elles et de lui. Chapeau bas les artistes !

 

Dans la lignée de Dario Fo, de Berthold Brecht, de Jean-Paul Sartre, d’Augusto Boal, de Franck Lepage, de Simon Grangeat, de Annick Lefebvre, de Alexandra Badéa ou de Marion  Aubert, entre autres, Florian Pâque apporte ici une contribution redoutablement efficace au théâtre politique à visée d’Éducation Populaire.

 

Un temps de théâtre citoyen. Nécessaire, intelligent et agréable. Un spectacle incontournable. Riche et enthousiaste. Je recommande vivement.

 

Une pièce de Florian Pâque. Mise en scène de l’auteur.

Avec Sélène Assaf, Tiphaine Canal, Rafaela Jikovsky, Florian Pâque et Lisa Toromanian


Jusqu’au 25 février !

Mercredis et vendredis à 21h00 – Jeudis et samedis à 19h00-

- Les dimanches à 18h00 -

1 avenue Junot, Paris 18ème

01.42.54.15.12 - www.cine13-theatre.com

 

- Photo © Théophile Charenat  -

- Photo © Théophile Charenat -

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