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Un moment de théâtre qui va crescendo dans l’enveloppement des sensations qui nous enlacent, des replis que l’on ressent s’effectuer intimement vers nos souvenirs oubliés, nos douleurs et nos peurs enfouies, nos émotions en sommeil, immaitrisables ou à fleur de peau.

 

Feutrée, bouillonnante puis finalement profondément bouleversante, cette rencontre avec Oscar ne va pas se cacher de sitôt dans les recoins de la mémoire, dans ceux peut-être moins faciles à déceler des labyrinthes de l’inconscient.

 

Car cette représentation du texte de Éric-Emmanuel Schmitt trouve ici une tonalité surprenante. En nous présentant le récit du point de vue de l’autre protagoniste de l’histoire initiale, celui de l’enfant, celui qui est là pour nous dire qu’il va partir. Cette adresse dramaturgique nous cueille et vient nous chercher là où l’on ne s’attendait pas être pris, là où l’on pensait que la distance de la fiction nous protègerait tout à fait. Nous sommes plongés dans une dimension étrange, de l’ordre du merveilleux.

 

Que Mamie-Rose a raison ! : « … Merci de m’avoir fait connaitre Oscar. Grâce à lui, j’étais drôle, j’inventais des légendes, je m’y connaissais en catch. Grâce à lui, j’ai ri et j’ai connu la joie… ».

 

La mise en scène de Lucie Muratet semble avoir établi un cadre et conduit les jeux pour que nous ne nous rendions pas compte que nous sommes en présence d’un comédien qui incarne un enfant.  C’est fin et naïf mais toujours à la frontière du vraisemblable, sans effets ajoutés, sans pathétisme appuyé. Juste lui et nous, juste ce qu’il dit et ce que nous ressentons.

 

L’interprétation sensible et lumineuse de Pierre Matras est remarquable. « Il ne joue pas l’enfant, il est l’enfant » a écrit l’auteur. Nous ne pouvons qu’en témoigner, ô combien. La précision des gestes, des attitudes, des déplacements, les modulations diversifiées des timbres de la parole pour convoquer les personnages qui entourent Oscar, cheminent sur le récit avec fluidité, simplicité et gravité. Un époustouflant travail d’interprétation. Bravo et merci.

 

Un spectacle extrêmement touchant, toujours digne, profondément prenant et remarquablement interprété. Je recommande vivement ce moment de théâtre.

 

 

Spectacle vu le 30 septembre 2018,

Frédéric Perez

 

 

 

Un texte de Éric-Emmanuel Schmitt. Une mise en scène de Lucie Muratet.

Avec Pierre Matras.

 

Jeudi à 21h00, vendredi à 19h00, samedi et dimanche à 17h00

7 rue Nicolas Appert, Paris 11ème

01.48.07.52.07 www.comedie-bastille.com

 

- Photo © DR -

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