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Il est seul dans sa cellule. Nous le voyons et l’écoutons livrer cette émouvante et vibrante confession de sentiments et de pensées, quelques heures avant sa mort.

 

Lui, c’est un homme, pas un animal blessé ni un objet périmé, juste un homme, jeune, condamné à mourir parce qu’il a donné la mort.

 

Parce que la société a décidé de lui faire subir le même sort que sa victime : Condamné à mort par section de la tête sous la coupe de la guillotine.

 

Au nom de la loi, de la justice et de la morale. Comme une vengeance du talion dénuée d’humanité et après un jugement des faits au risque souvent avéré de condamner un geste sans raison, voilà la démonstration inique de la force publique. L’exemple donné une nouvelle fois pour faire taire le peuple par la crainte et le satisfaire dans une grandiloquente cérémonie spectaculaire aux allures de jeux du cirque de la Rome antique.

 

Victor Hugo s’empare de cette question de la peine de mort et publie en 1829 le journal du dernier jour d’un condamné. « Un homme quelconque, ayant une vie quelconque et qui a fait un crime quelconque », comme Hugo le dira dans sa dernière préface.

 

L’écrit humanise la question. Description fine et détaillée de ses ressentiments sur la justice des hommes, des angoisses sur ce qu’il va subir, ce jeune père de famille se perd en hallucinations et en réminiscences des bribes importantes de son histoire de vie. La simplicité du texte renforce la dénonciation qu’il porte.

 

L’adaptation de David Lesné restitue fidèlement les propos du roman et lui donne une dramaturgie vive et profonde qui nous rapproche du personnage, de ce qu’il dit, de ce qu’il vit, comme si nous étions présents à ses côtés dans ses derniers instants.

 

La mise en scène de François Bourcier captive l’attention autant par le centrage sur le personnage, ses émotions et ses ruptures, que par les illustrations nombreuses en images projetées de ses affres et de ses souvenirs.

 

L’interprétation de William Mesguich est remarquable. Sa puissance émotionnelle passe avec brio de la douceur à la colère, de la tendresse à la meurtrissure. Une belle et intense incarnation toute en finesse qui, bien au-delà de la technique, nous présente tous les étapes traversées par son personnage dans cette monstrueuse et ultime torture. Fragilités, violences, implorations, cris de douleurs et de peurs où la démence voisine avec le déni et la perte progressive du sentiment de soi. Un impressionnant comédien.

 

Spectacle haletant et vibrant, interprétation émouvante et puissante, message essentiel et nécessaire encore aujourd’hui, autant de raisons pour recommander vivement d'aller vers les 19h00 au Studio Hébertot.

 

D’après Victor Hugo. Adaptation de David Lesné. Mise en scène de François Bourcier assisté d’Émilie Génaédic. Scénographie et vidéo de François Bourcier. Construction de décors de David Lesné. Lumières de Romain Grenier. Musique de David Benadon.

 

Avec William Mesguich.

 


Du mardi au samedi à 19h00 et le dimanche à 17h00

78 bis boulevard des Batignolles, Paris 17ème

01.42.93.13.04 - www.studiohebertot.com

 

 

LE DERNIER JOUR D’UN CONDAMNÉ au Studio Hébertot
LE DERNIER JOUR D’UN CONDAMNÉ au Studio Hébertot
LE DERNIER JOUR D’UN CONDAMNÉ au Studio Hébertot

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