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Festival de créations, dédié aux formes courtes théâtrales, MISES EN CAPSULES fête sa 12ème édition.

 

C'est toujours une attente de vertige artistique faite d’exigence de qualité surprenante et de plaisir impatient de découverte. Une nouvelle fois c'est réussi. Une belle soirée, riche, variée et enthousiasmante.

 

Ce vendredi 25 mai, nous nous sommes laissé emporter par les 5 pièces courtes suivantes :

 

LA VIE TRÉPIDANTE DE BRIGITTE TORNADE,

LE MARIONNETTISTE OU TOUTES LES FILLES S’APPELLENT JUSTINE,

MON PAYS N’EST PLUS QU’UNE ÎLE,

BOUCHES COUSUES,

COEFFICIENT.

 

Cinq regards portés sur la réalité d'aujourd'hui, la vie des gens, la culture ambiante contemporaine, regards transcendés ou sublimés par le prisme du théâtre pour mieux les voir peut-être, pour mieux les interroger sans doute.

 

 

LA VIE TRÉPIDANTE DE BRIGITTE TORNADE :

 

Drôle et cinglante, cette pièce n’utilise par la langue de bois pour dépeindre la vie de famille, la parentalité, la place de Brigitte, merveilleuse et dévouée épouse/mère/ménagère de moins de cinquante ans/femme qui souhaite aussi réussir sa vie professionnelle.

 

Entre Burn-out existentiel et prise de conscience révoltée, l’histoire de Brigitte nous touche, nous glace, nous rappelle à quoi le mot égalité fait référence et comment il résonne aujourd’hui encore.

 

L’humour est roi tout le long. Il adoucit sans la trahir la véracité de ce récit de vie d’une femme conditionnée et emprisonnée dans les us et les habitus asservissants. Une femme qui plie sans rompre, à moins que…

 

C’est juste, terriblement efficace dans la dénonciation des outrances ordinaires et c’est superbement joué.

 

 

LE MARIONNETTISTE OU TOUTES LES FILLES S’APPELLENT JUSTINE et MON PAYS N’EST PLUS QU’UNE ÎLE :

 

Plein d’idées dans ces deux textes sans toutefois repérer de parti-pris marquant ni de fil d’Ariane. Beaucoup de dynamisme dans les jeux, parfois débordant à l’extrême. Deux moments sympathiques qui nous laissent le sentiment de spectacles pas encore aboutis, en travaux, combinant essais et erreurs pour avancer avec quelques moments touchants ou drôles.

 

 

BOUCHES COUSUES :

 

Sur le plateau, quatre femmes dont une transexuelle, son frère que l’on entend sans le voir et Cassandre qui est là, figée et impassible, pour situer les enjeux contextuels de la condition féminine et ponctuer d’interrogations la délivrance explosive et colérique de leurs propos.

 

Du cri au pleur en passant par la parole froide, crue et directe, parfois et c’est très fort à quatre voix mêlées, elles nous saisissent et nous interpellent, ces filles de Cassandre. Elles décousent leurs bouches devant nous, tenaces et fières, déterminées et impatientes, pour dénoncer en les montrant les abus cumulés, inscrits comme préceptes ou comme valeurs structurantes de la civilisation, depuis la mythologie grecque jusqu’à l’actualité contemporaine, en passant par l’histoire sociale, morale et politique.

 

Les stéréotypes et autres poncifs sur la Femme, leur veulerie manifeste et leur ancrage ignoble dans la société volent en éclats, comme autant de brisures, de chiures ou de fientes. Car cette inégalité de fait est aussi violente et brutale que la révolte qui demeure nécessaire de conduire encore et toujours pour ce « combat humain pour l’humanité ».

 

Un texte puissant et précis. Une théâtralité particulièrement réussie. Des jeux magnifiques. Un spectacle coup de poing.

 

 

COEFFICIENT :

 

Le silence de la femme devant le policier dans ce commissariat nous fait penser, espérer même, qu’elle vient trouver enfin le lieu pour se libérer des jougs qui l’emprisonnent. C’est un peu ça et c’est tragique.

 

Folie ordinaire d’une jeune femme, mère désemparée, ou démence profonde déstructurante, on ne le sait pas encore, on le saura peu à peu au travers des propos qu’elle échange avec le policier, un ancien camarade de lycée.

 

Un texte habile. Une interprétation remarquable, toute en opposition et c’est le suc de la pièce, entre le drame d’une jeune femme ravagée par son histoire et la bonhommie du jeune policier qui ne comprend pas vite ce qui se joue devant lui.

 

Un spectacle qui ne laisse pas indifférent.

 

 

Au final, une belle soirée, riche en découvertes et en plaisirs, dans une ambiance des plus chaleureuses et dans un lieu toujours aussi magique. Un festival à ne surtout pas manquer !

 

 

 

 

Jusqu’au 9 juin

Du lundi au samedi à partir de 19h00

5 spectacles toutes les 30 minutes

www.misesencapsules.com

1 avenue Junot, Paris 18ème

01.42.54.15.12 www.cine13-theatre.com

 

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