Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le musée de Montmartre a le chic pour réveiller ou révéler les peintres qu’on croit connaître. Avec « Maximilien Luce, l’instinct du paysage », la maison de la rue Cortot rappelle qu’un néo-impressionniste peut aussi avoir les mains dans le cambouis de l’histoire. L’exposition déroule une vie de peinture qui aime la lumière autant qu’elle regarde le monde en face.

On entre par des portraits serrés, des visages d’amis peintres et critiques, et l’on croise un autoportrait sans pose, presque dépouillé. L’artiste se montre au travail, à hauteur d’œil, cigarette au bout des doigts, comme s’il sortait juste de l’atelier. Cette sobriété installe d’emblée la note. Ici, pas d’esbroufe, mais un regard qui cherche juste.

Puis viennent les paysages, cœur battant du parcours. Luce pointille, mais ne chipote pas. La touche sert la respiration des vallées de Seine, des ciels en morceaux, des bords d’eau où le calme n’efface jamais la vie qui passe. Quand l’industrie entre dans le cadre, terrils, cheminées, aciéries, la beauté ne gomme pas la rudesse. Au contraire, elle la rend lisible. Ce double fil, sensible et social, donne au visiteur une exposition qui ne fige rien. On circule, on compare, on voit l’artiste ajuster sa palette au rythme des lieux.

Le propos n’est pas lisse pour autant. Quelques salles paraîtront plus hésitantes, comme si les commissaires avaient préféré la générosité du corpus à un récit trop serré. L’ensemble tient, et la dernière section des œuvres réalisée à Rolleboise, ferme la marche avec une simplicité convaincante.

Le lieu fait le reste. Le musée de Montmartre possède cette échelle humaine qui installe la proximité. On regarde les toiles sans distance cérémonieuse, on passe d’une fenêtre à l’autre comme dans une maison amie, et Paris, dehors, rappelle que Luce peignit ici même, à deux pas. On sort avec l’envie de revoir dans la ville d’aujourd’hui, ce mélange de lumière et de conscience qui irrigue ses toiles.

Une rétrospective annoncée comme la première à Paris depuis des décennies, un pari tenu. Celui de permettre de découvrir ou retrouver un peintre essentiel sans le momifier.

 

La Seine à Herblay (1890)

La Seine à Herblay (1890)

Le Port de Saint-Tropez (1893)

Le Port de Saint-Tropez (1893)

Rue des Abbesses, l’épicerie (1896)

Rue des Abbesses, l’épicerie (1896)

Les Batteurs de pieux (1903)

Les Batteurs de pieux (1903)

Rolleboise, la baignade dans le petit bras (vers 1920)

Rolleboise, la baignade dans le petit bras (vers 1920)

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :