Gustav Klimt
Gustav Klimt (14 juillet 1862 - 6 février 1918). Fils d'un graveur, il entre en 1876 dans la classe de peinture à l'école des arts et métiers de Vienne en Autriche. Il fonde en 1883 la "Künstlercompagnie" (compagnie des artistes) qui compte à ses côtés son frère Ernst Klimt et Franz Matsch. Le style de Gustav Klimt commence peu à peu à se différencier de celui de son frère et de Matsch, et à s’éloigner de l’académisme. En 1888, il entame un voyage qui le mène à Cracovie, Trieste, Venise et Munich.
Il fonde en 1897 avec Joseph Maria Olbrich et Josef Hoffmann la "Wiener Secession" (Sécession de Vienne), dont il est le chef de file et présente sa première exposition une année plus tard. Klimt créé la fédération autrichienne des artistes. Il entreprend alors des voyages à Bruxelles, Londres et Florence. En 1907, il présente ses premiers dessins érotiques.
Gustav Klimt est considéré comme un artiste incontournable de la scène viennoise. Il unit les différents courants du "Judentstil" et réalise la synthèse entre le figuratif et l'ornemental, dans un style fait d'aplats qui renvoie un effet à la fois sensuel et tape-à-l’œil.
La « Dame à la cape »
Dame à la cape précède de peu la fameuse "période dorée" de Klimt (débutée au tournant du siècle avec des œuvres comme Judith I ou Le Baiser). Un portrait caractéristique de Klimt à la fin du XIXe siècle, encore marqué par une esthétique symboliste et décorative, avant sa période dorée.
Ce tableau est une œuvre-charnière. Il témoigne du moment où Klimt s’éloigne du naturalisme académique pour explorer un langage plus décoratif et psychologique. Il garde la sobriété d’un portrait réaliste tout en annonçant l’univers ornemental et symboliste qui fera la renommée de Klimt.
Le manteau noir peut être vu comme une métaphore du mystère ou de l’intériorité féminine, thèmes que Klimt explorera constamment. Le tableau conserve un caractère réaliste dans le traitement du visage. La femme est identifiable, avec une expression mystérieuse et mélancolique.
Le grand manteau noir, qui occupe presque tout l’espace pictural, contraste fortement avec le fond décoratif riche en couleurs vives et en formes fantaisistes. Ce contraste souligne le jeu de Klimt entre abstraction et figuration. La figure humaine reste présente, mais elle s’insère dans un univers ornemental qui deviendra bientôt la marque de fabrique de l’artiste. L’influence du symbolisme est claire : la femme semble à la fois réelle et distante, comme une apparition.
Ce tableau est magnétique pour moi. Le doute et son mystère saute aux yeux dès le premier regard. Il représente tout ce que j’aime chez ce peintre et donne envie de replonger dans ses autres œuvres.
Frédéric Perez
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