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Ce lundi 24 novembre brille d’un petit éclat supplémentaire. Ce soir à l’Athénée théâtre Louis Jouvet, la salle semble déjà sourire avant même que Deepa Johnny et Alphonse Cemin touchent la moindre mesure. Leur arrivée crée une attente palpable, comme si chacun savait que le voyage allait s’ouvrir sur plusieurs horizons musicaux.
Deepa Johnny avance avec une sérénité habitée et dès les premières phrases, la puissance de sa voix s’impose avec une aisance naturelle. Elle s’accorde au lieu sans effort, avec un timbre clair et généreux. Les couleurs se déploient avec souplesse, unissant douceur, profondeur et éclat. Les inflexions captivent et les mélodies se déroulent sous la lumière d’une présence sereine et joyeuse.
Au piano, Alphonse Cemin capte l’attention aussitôt. Sa vélocité de nuances attire immédiatement l’oreille. On suit ses gestes, précis et fluides, qui retiennent l’attention. Les transitions se faufilent avec délicatesse et agilité, du toucher le plus doux aux accents les plus puissants. Son accompagnement est très complémentaire : il souligne le chant sans jamais l’écraser et offre aux pièces une musicalité qui rend le moment vivant.
La soirée commence avec une série française pleine de lumière. Une œuvre de Léo Delibes éclate avec vivacité. L’iconique ‘Plaisir d’amour’ de Jean-Paul Martini évoque des souvenirs délicats. Une composition de Georges Bizet ajoute une vivacité parfaitement sculptée et le sublime ‘Hai Luli’ de Pauline Viardot charme avec une douceur presque confidentielle. Dans chacune, le piano enveloppe le chant avec une précision réjouissante.
Le programme glisse ensuite vers d’autres horizons. Le populaire ‘Bésame mucho’ de Consuelo Velázquez ouvre le bal, suivie d’une mélodie d’Ernesto de Curtis et d’une autre de Paolo Tosti. La voix de Deepa Johnny module les phrases avec clarté et bonheur. Alphonse Cemin révèle la profondeur harmonique et fait vibrer les nuances avec une attention délicieuse.
Un hommage à l’Espagne apporte une couleur nouvelle. Trois merveilleuses compositions de Federico García Lorca dessinent un triptyque vif et coloré. L’oreille suit les détours mélodiques comme une danse souple, où le duo savoure les rythmes et les souffles populaires. Une chanson de José María Obradors poursuit le voyage avec un éclat tendre et lumineux.
Le programme éclectique met en valeur les qualités des deux interprètes et guide le public vers un terrain plus théâtral avec le célèbre ‘Nacqui all’affanno’ de Rossini. La virtuosité souriante de la chanteuse s’y déploie pleinement. Trois standards américains prennent le relais après une courte pause. Une composition de George Gershwin enveloppe la salle d’une douceur rêveuse. Une œuvre de Leonard Bernstein brille avec légèreté. Une pièce de Terry Shand ajoute une pointe de malice irrésistible.
La soirée continue avec une chanson d’ABBA, puis une composition de Kurt Weill qui joue la carte de la théâtralité savoureuse. Une pièce de Meredith Willson suspend le temps avec élégance et une œuvre de Jule Styne referme le récital avec un dernier sourire sonore. Et pour le rappel, petite cerise sur le gâteau, un air célèbre, souvent chanté en duo par Barbra Streisand et Judy Garland, est donné ici pour partie avec le pianiste. Un final complice et chaleureux.
À travers ce parcours foisonnant, la complémentarité de Deepa Johnny et d’Alphonse Cemin illumine chaque instant. Le public goûte pleinement le partage et les artistes lancent leurs dernières notes avec la même fraîcheur que les premières. Une soirée pleine d’élan et de chaleur laisse scintiller un plaisir simple, vif et mémorable.
Concert du 25 novembre 2025
Frédéric Perez
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