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Chez Hiroshi Furuyoshi, la peinture à l’huile ne relève ni de la citation ni du pastiche. Elle s’impose comme une évidence, presque comme un retour à un monde familier. L’artiste a grandi parmi les objets : ceux de la boutique d’antiquités de son grand-père, puis de son père, où il passait des heures à errer entre les étagères. Bibelots, jouets, modèles anatomiques, livres d’histoire formaient un paysage quotidien, dense et silencieux, qui allait peu à peu nourrir son imaginaire. Plus tard, il y travaillera lui-même, affinant ce regard patient porté sur les choses, leur texture, leur présence. Ce n’est donc pas un hasard si ces objets réapparaissent aujourd’hui dans ses tableaux, disposés en arrière-plan comme dans un cabinet de curiosités soigneusement orchestré.
Au cours des années 1970, Furuyoshi accompagne son père à Rome puis à Paris. La découverte de l’art européen des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, à travers les musées, les galeries et les livres, agit comme un révélateur. La peinture traditionnelle s’impose à lui avec une force nouvelle. Formé au Kyoto Art Junior College, il poursuit son apprentissage auprès de Toshiro Aoki, figure majeure de la peinture à l’huile moderne, profondément marqué par la Hollande du XVIIᵉ siècle. Dès lors, le choix de la peinture à l’huile — sur toile ou sur panneau — s’inscrit naturellement dans son parcours, comme un langage devenu nécessaire.
Ses œuvres donnent à voir des enfants ou de jeunes figures, immergés dans un enchevêtrement d’objets, de livres et de jouets. Des scènes denses, presque labyrinthiques, qui évoquent une enfance habitée par les choses et la mémoire. Chaque tableau se construit avec minutie, comme un récit silencieux. Rien n’y est décoratif : chaque détail compte, participe à l’identité du personnage, rapproche sa présence du regardeur. Furuyoshi excelle dans cet art de la constellation, où les objets ne comblent pas l’espace mais lui donnent sens, révélant, par leur accumulation même, l’intimité et la profondeur de ses sujets.
Frédéric Perez
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