Historique, Emouvant. Percutant.
Je suis né d’un récit brûlant. Dans ce théâtre récit, Jean Alibert tisse un lien intime entre son histoire personnelle et la tragédie du massacre d’Oran le 5 juillet 1962, jour de l’indépendance de l’Algérie et jour de sa naissance.
La relation avec son père, dernier maire français de Tenira, commune de la wilaya de Sidi Bel Abbès en Algérie, est le fil conducteur de ce récit. Tenira, berceau familial, est le lieu où le jeune Jean découvre le poids de l’histoire à travers les gestes et les récits de son père : descendre le drapeau français, hisser le drapeau algérien, organiser la cérémonie du passage de pouvoir. Son père lui répète que tout s’est déroulé « proprement », sans violence ni victime, mais l’enfant, fasciné, se sent parfois dépassé par l’ampleur de ces événements. Cette relation père-fils, bouleversante par sa profondeur, porte toute l’émotion du récit.
Des années plus tard, Jean retourne à Tenira, guidé par la mémoire et le désir de comprendre. Le village, désert sous un soleil éclatant, lui paraît à la fois familier et étranger. La rencontre avec un vieil homme, qui le reconnaît comme le fils d’Alfred, réactive la mémoire collective du village. Jean se sent alors reconnu, comme si le souvenir de son père lui ouvrait la porte d’un passé jusqu’alors inaccessible.
L’homme lui raconte à nouveau la cérémonie du passage du drapeau lors du jour de l’indépendance. Ce moment crée un lien entre mémoire familiale et mémoire collective, transformant le retour de Jean en une expérience profondément émouvante.
Mais derrière la quiétude de Tenira, le chaos de l’histoire algérienne demeure. Contrairement à Tenira, Oran célèbre l’indépendance dans la violence, le 5 juillet 1962, lors du massacre des coloniaux. Jean Alibert associe sa venue au monde, hésitante et difficile, à ce tumulte, et transforme ce lien symbolique en théâtre récit. Par sa voix, il fait surgir l’histoire qui a été tue et oubliée.
Sur un plateau dépouillé, Jean Alibert donne vie à un récit dense et émouvant qui plonge le spectateur au cœur de l’histoire. Par les modulations de sa voix et la précision de sa gestuelle, il parvient à incarner les différents moments du récit et à en transmettre toute l’intensité. La lumière accompagne ses mots, soulignant les tensions et mettant en valeur les instants de gravité comme ceux de tendresse. L’ensemble crée une atmosphère à la fois intime et profondément touchante.
Un théâtre récit puissant et bouleversant nous invite à écouter, à ressentir et à ne pas oublier une histoire qui continue de nous interroger.
Claudine Arrazat Critiquetheatreclau.com
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Théâtre la Reine Blanche 2 bis passage Ruelle 75018 Paris
Vu en Avant-première presse : lundi 9 mars
Puis du mardi 9 au dimanche 14 juin Du mardi au vendredi à 21h, Samedi à 20h, dimanche à 18h
Juillet 2026 à 12h30 : Festival off Avignon - Avignon Reine Blanche
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