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Une comédie grinçante qui décape nos névroses domestiques avec ferveur. Voici une plongée insolite dans un chaos métaphorique qui s'appuie sur les petits tracas quotidiens pour nous transporter dans une fête de l’absurde où la catharsis n'arrête pas de nous regarder.
Je me suis régalé devant cette partition culottée qui transmue une banale panne de cuisine, faisant office de prétexte, en une odyssée existentielle. L’histoire saisit ce moment de bascule où un appareil qui flanche fait dérailler tout le reste.
Flor Lurienne et Frédéric de Goldfiem ont écrit une pièce qui gratte là où ça fait mal, mais avec une telle dérision que le public se retrouve immédiatement embarqué.
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On observe ces deux êtres débattre à propos d'une machine muette, et derrière la tuyauterie, c’est de bien d'autres choses dont ils nous parlent. De la fragilité des liens intimes, de l'amour que les habitudes effritent et des sentiments de solitude qui s'amoncellent. Tout ceci explose sur le plateau, nous le prenons en pleine figure.
L’aspect artistique évite le piège de l’exercice philosophique à tendance psy. Cette spirale où une hélice encrassée devient le centre du monde nous amuse. La mise en vie privilégie une tonicité constante sans chercher à donner des leçons.
J’ai aimé voir comment la métaphore de la panne devient le terrain d’un combat à la fois dérisoire et vital.
Les deux auteurs incarnent leurs personnages avec une présence physique saisissante et une écoute mutuelle qui fait mouche à tous les coups. Flor Lurienne déploie une énergie mordante, un rien désabusée, tandis que Frédéric de Goldfiem joue sur une corde plus bourrue et colérique mais tout aussi nuancée. Ils vivent cette débâcle avec une sincérité qui rend l'ensemble attachant.
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Les costumes et l’ambiance sonore participent à créer un univers singulier, un peu décalé, où le réel semble soudainement perdre les pédales. C’est visuel, c’est rythmé et l’émotion pointe son nez sans prévenir, au détour d’une vanne bien sentie ou d’un silence un peu trop long.
Il règne une atmosphère chaleureuse. Le texte ose un humour franc, parfois piquant, qui nous tend le miroir sans aucune condescendance. J’ai savouré cette fougue des interprètes qui suffit à nous faire oublier la grisaille ambiante.
C’est une pièce qui a du chien, du cœur, et qui refuse les sentiers battus pour nous offrir une bouffée de fantaisie ouvrant les portes de la réflexion.
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Spectacle du 16 juillet 2026
Frédéric Perez
Texte et mise en scène Flor Lurienne et Frédéric de Goldfiem. Costumes et photos © Basile Pelletier. Création son Doriann Delaive.
Avec Frédéric de Goldfiem et Flor Lurienne.

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/10148-le-lave-vaisselle-de-quel-espoir-fou-avons-nous-besoin
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