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Olivier Douau signe le texte et la mise en scène d’une pièce subtile où la justesse de l’écriture rencontre la rigueur d’une mise en vie sobre et maîtrisée. Une pièce à la manière d’un thriller théâtral original qui nous invite à explorer les chemins fragiles de la mémoire, de la culpabilité et du pardon.
L'histoire de Laura Belle, personnage énigmatique et fascinant, nous est racontée avec sensibilité, sans pathos ni excès. Le texte évite les écueils du mélodrame et nous interroge sur ce qu'il reste lorsque tout semble s’effondrer. Les mots, les souvenirs, le silence.
Le texte d’Olivier Douau, ciselé et incisif, donne la part belle à l’intelligence espiègle de dialogues bien tournés. Ici, rien de redondant. L’écriture va à l’essentiel, se mue en un subtil jeu de miroirs. Les personnages se dévoilent à petits pas, leurs échanges parsemés d'ironie.
La mise en scène de l’auteur adopte une esthétique cinématographique, lumières contrastées, ombres projetées, bruitages urbains (crissements, sirènes, claquements de portes). Un rythme équilibré est installé entre des moments de tension et de douceur, de silence et de parole, facilitant les transitions fluides et naturelles entre les scènes. La scénographie nous plonge dans un univers à la fois intime et mystérieux, valorisée par les jeux de lumière de David Ripon qui soulignent les moments clés du récit et créent une ambiance visuelle quasi envoûtante.
Nathalie Comtat, dans le rôle de la sulfureuse Laura, est l’âme de cette intrigue. Sa gestuelle discrète, ses silences évocateurs, ses sourires en demi-teinte, tout concourt à faire naître un personnage à la fois troublant et fragile. À ses côtés, Olivier Douau incarne le journaliste Eddie Dixon, un type désabusé mais tenace, dont le regard un peu voilé trouve son contrepoint dans le jeu du lieutenant Laszlo, campé avec finesse par Stéphane Roux. La dynamique entre les trois est calibrée, fluide et subtile, et sert à merveille le dispositif narratif.
Un spectacle élégant où polar et théâtre s’épousent avec justesse. Le trio d’acteurs, l’écriture, le travail de lumière et de son tissent le climat envoûtant adéquat d’une intrigue sombre, subtile et propice aux frissons. Un agréable moment de théâtre de divertissement.
Spectacle vu le 8 juillet 2025
Frédéric Perez
Texte et mise en scène de Olivier Douau. Création lumière de David Ripon.
Avec Nathalie Comtat, Olivier Douau et Stéphane Roux.
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