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Ce spectacle écrit et mis en scène par Carlo Boso révèle un théâtre populaire à l’énergie communicative et à l’inventivité résolument contemporaine. La Amata Compagnie tire le meilleur de la Commedia dell’Arte pour offrir une fête théâtrale accessible et généreuse.
« L'action se déroule dans une Venise imaginaire. Tiré de divers canevas de Commedia dell’Arte, Le Triomphe d’Arlequin représente un hymne à la liberté d'aimer dans un monde gouverné par l'égoïsme et les intérêts personnels. Une éternelle bataille entre l'amour du pouvoir et le pouvoir de l'amour. Qui vaincra ? L'utilisation des masques, des coups de théâtre à répétition, lazzi, danses, chants et pantomimes caractérise cet opéra théâtral qui se lie à la plus pure tradition de la Commedia dell'Arte. »
Cette mécanique faite de quiproquos, de coups d'éclats et de mascarade débridée forme le cœur du spectacle et chaque personnage, tonique et burlesque, fait vivre ce carnaval des désirs et de l’illusion.
Au-delà du plaisir immédiat, Le Triomphe d’Arlequin, comme nombre des canevas de la Commedia dell’Arte , est un hymne à la liberté d’aimer. Un thème souligné dans la narration qui se joue volontiers des codes. Gelsomina qui prend les traits d’Arlequin, Isabella qui se travestit, tout invite à interroger les frontières de genre, de classe et de quête identitaire, sans lourdeur mais avec pertinence. Ce propos, à la fois léger et solide, donne au spectacle une texture qui ne se limite pas à la simple narration comique.
Carlo Boso signe un spectacle populaire et exigeant, qui parvient à rassembler. La spontanéité assumée ainsi que l’accessibilité du propos retiennent l’attention. On rit, on s’émerveille, on suit les rebondissements et les adresses nombreuses au public, avec un regar bienveillant devant la prestation enjouée d'une jeune troupe en verve.
La mise en scène, minimaliste dans les décors à la manière d’un théâtre de tréteaux, agit sur la mobilité des comédiens et leur complicité avec le public, créant une comédie vivante sans temps mort, un tourbillon tout en fraîcheur et générosité. La chorégraphie de Karine Gonzalez installe un rythme soutenu. Le spectacle file à cent à l’heure et le public suit, conquis. Les costumes de Romane Dupont, comme les masques, participent pleinement à cette fête visuelle.
La troupe composée par Arnaud Biron, Tibor Bricalli, Annamaria Ceccarelli, Sinda Elatri, Athéna Hobeika, Marie Hurault, Elena Serra et Matthieu Vignier, s’appuie sur les codes traditionnels de la Commedia dell'Arte, les embrasse dans une vitalité brute, parfois même façon "cartoon", qui provoque le rire et séduit les spectateurs. Cette jeune et joyeuse troupe, qui gagnera sans doute en maturité, se montre capable d’alterner gestuelle délicate et expressivité brute avec un engagement sincère.
Le Triomphe d’Arlequin est un spectacle festif et généreux, qui allie la rigueur de la tradition à une fraîcheur contemporaine dans une vitalité scénique effervescente. Chacun y trouvera son plaisir dans ce monde où rire, poésie et folie se côtoient en toute liberté.
Spectacle vu le 18 juillet 2025
Frédéric Perez
Texte et mise en scène de Carlo Boso. Chorégraphie de Karine Gonzalez. Collaboration artistique de Ophélie Charpentier et Stefano Perrocco di Meduna. Costumes de Romane Dupont.
Avec Arnaud Biron, Tibor Bricalli, Annamaria Ceccarelli, Sinda Elatri, Athéna Hobeika, Marie Hurault, Elena Serra et Matthieu Vignier.
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