
Imaginez entrer dans une salle du Musée d’Art Moderne de Paris et sentir immédiatement cette douce complicité qui se dégage d’un lien unique. Voilà ce que propose cette exposition, voilà ce que j'ai ressenti. Une plongée intime autant qu’artistique dans le monde du grand maître Henri Matisse et son regard posé sur sa fille aînée Marguerite.
Au-delà d’une exposition qui ouvrirait de grandes perspectives théoriques, cette exposition, plus simplement, installe une proximité sensible et chaleureuse. On y entre avec curiosité, on en ressort avec l’impression d’avoir partagé un moment de vie, en douceur.
Le fil de la visite se déploie comme un récit vivant qui montre l’œuvre d’Henri Matisse à travers la figure récurrente de sa fille Marguerite, modèle fidèle de ses débuts jusqu’aux dernières années. Le résultat tient à la fois du portrait et d’une sorte de journal pictural où l’enfant fragile devient peu à peu une femme affirmée.
La scénographie, sans chercher l’effet spectaculaire, choisit l’ordre chronologique. Elle déroule un chemin clair où le visiteur perçoit les évolutions stylistiques de l’artiste, fauvisme éclatant, lignes épurées, compositions de plus en plus synthétiques. Tout en retrouvant, à chaque étape, le visage de Marguerite. Cette constance crée une familiarité attachante. On finit par la reconnaître au détour d’une salle comme une connaissance qu’on recroise avec plaisir.
Quelques moments frappent plus que d’autres. Les dessins réalisés après la guerre, sobres et tendus, touchent par leur intensité. Le parcours rappelle aussi le rôle discret mais essentiel de Marguerite. Soutien logistique, protectrice de l’œuvre paternelle, elle apparaît autant actrice de cette histoire que muse. Ce double rôle rend l’ensemble moins anecdotique qu’il n’y paraît au premier regard.
Faut-il chercher ici une grande rétrospective exhaustive ? Non, et c’est tant mieux. L’exposition n’a pas l’ambition de tout dire, mais d’offrir un regard sensible sur la relation entre un peintre et sa fille. Une proposition simple, chaleureuse, qui nous fait rencontrer autant l’artiste que l’homme et qui, par cette humanité, touche et fait mouche.
Exposition vue le 19 aout 2025
Frédéric Perez
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