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Cette première pièce de Clémence L. promet une parenthèse insolite, curieuse et attractive. Les questionnements intimes de sept jeunes en quête de la liberté d’eux-mêmes virevoltent sur scène, sautent dans les flaques de l’humour et caressent de tendresse les douleurs du désarroi.
« Lors d’une froide nuit de décembre, sept inconnus, tous plus loufoques les uns que les autres, quittent leur quotidien et leur vie. À la recherche du soulagement et de l’inspiration, ils se retrouvent dans un bar à moitié vide. Mais quand la Muse ne vient pas, ils sont bien obligés de se parler, et de se laisser découvrir… »
Ces complices d’un jour cherchent tous le même repos de la résilience par l’écriture libératrice de leurs maux. Ces histoires de vie qui se retrouvent ici ponctuent selon les personnages, soit une rupture affective, un craquage au parfum de burn-out, une panne d’inspiration, une surdose de conventions sociales, une crise d’émancipation familiale, une peur phobique ou encore un épisode de crise psychotique.
Faute d’inspiration aux relents célestes, ils parlent et ils rient, se heurtent et se dévoilent, dans une oscillation savoureuse entre scènes chorales cocasses et monologues troublants. Nous voici plongés, tout proches, dans l’intimité de leurs souffrances qu’elles et ils tentent de conjurer dans des entrechocs à la violence pulsée ou rentrée, c’est selon, mais toujours en filigrane avec les mains tendues du soutien.
Ce huis clos fonctionne comme un kaléidoscope d’identités à déshabiller. Chaque personnage porte un stéréotype auquel il cherche à échapper, et c’est dans le chaos de leurs échanges que le collectif devient espace de liberté.
L’écriture de Clémence L. conjugue malice, mélancolie et franches touches comiques. Le point stable d’un équilibre, souvent fragile, court et se cherche tout le long de la pièce. Le charme de cette pièce, c’est cette tension entre le désir d’être ensemble et la recherche de soi-même, comme une solitude moderne qui s’installe coûte que coûte et malgré tout, dans une socialisation nécessaire.
La mise en scène de l’autrice, assistée par Garance Diamy, privilégie une immédiateté du lien humain. Une étonnante entrée en matière nous place aussitôt dans un ailleurs possible, dont on ne saura pas s’il est probable ou onirique. Et c’est tant mieux, il nous appartient de le faire nôtre. On y parvient sans difficulté, porté par le plaisir gourmand de la découverte. La mise en espace et la direction d’acteurs jonglent entre le réel naturaliste et l’imaginaire poétique. On sent les respirations, les regards qui cherchent au-delà des mots et la magie de la théâtralité qui se fait écrin de confidences autant que miroir de nous-mêmes.
Il y a chez ces sept jeunes comédiens Charie Asher, Axel d’Heilly, Orianne Dumeny, Robin Echard, Carlo Gamalero, Théo Leroy et Loïck Philippe, une vitalité palpable qui donne à ces quêtes identitaires une incandescente légèreté.
Promesse tenue, cette création, dans son minimalisme généreux et sensible aux formes contemporaines d’expression théâtrale, nous rappelle qu’il suffit parfois de sept voix et d’un espace à moitié vide pour rendre la solitude un peu plus supportable et la vie, juste un peu plus drôle. Un spectacle original à découvrir sans hésiter.
Spectacle vu le 9 septembre 2025
Frédéric Perez
De Clémence L. Mise en scène de Clémence L. assistée de Garance Diamy.
Avec Charie Asher, Axel d’Heilly, Orianne Dumeny, Robin Echard, Carlo Gamalero, Théo Leroy et Loïck Philippe.
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