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Un pas de côté s’installe au Théâtre de la Renaissance, apportant toute la douceur d’une romance tendre. Ces deux personnages qui se rencontrent, échangent, rient et laissent affleurer leurs vies compliquées sont superbes de sincérité et de sensibilité. Difficile de ne pas se projeter et de s’identifier à eux.
« Aux premiers jours du printemps, Catherine et Vincent font connaissance en déjeunant sur le même banc public. Tous les deux sont mariés mais ils prennent l’habitude de s’y retrouver, de parler, de rire, de se confier l’un à l’autre. Pour ces deux quinquagénaires, ces rencontres sont une bouffée de fraîcheur et de charme. Mais jusqu’à quand le charme va-t-il opérer ? Et quand on est bien installé dans sa vie, jusqu’où est-on capable de s’aventurer ? Ce banc sera-t-il un tournant ou une simple parenthèse ? »
Le spectacle avance comme une promenade de printemps, faite de phrases simples et de gestes précis. L’écriture d’Anne Giafferi s’attache à mêler légèreté et gravité, à faire rire sans renoncer à la délicatesse du sentiment, et à proposer une comédie qui invite à la réflexion, voire à la rêverie, sans pesanteur. Il y a une présence généreuse sur scène, une écoute mutuelle qui devient spectacle et qui touche parce qu’elle nous apparait vraie. La scénographie installe le banc comme un petit monde à lui seul, un repère quotidien qui devient progressivement un territoire partagé, fragile et souverain. Les scènes se succèdent sans lourdeur. Des ellipses laissent aux spectateurs le soin de relier les choses.
La mise en scène de l’autrice trouve la bonne mesure pour laisser se poser les instants, parsemant la narration de respirations comiques et d’émotions surgissantes. L’écriture et la direction de jeux privilégient la vérité de l’instant, celle où l’on entend une hésitation, où un mot glisse et découvre plus encore. Le ton du spectacle privilégie la proximité. Les dialogues ont des allures de confidences andantes, ils s’installent, se répètent parfois, et soudain révèlent une faille, une pudeur, une envie dont on se sait pas vraiment si elle est désir. Le rythme est choisi avec soin. Il laisse la place aux silences qui comptent et aux élans qui font naître le rire. La manière dont la mise en scène joue de petits détails pour appuyer les émotions est notable. Un silence qui s’installe, un geste retenu, un regard qui s’attarde, autant de nuances qui rendent l’ensemble délicat et vibrant.
La distribution est un atout évident. Isabelle Carré et Bernard Campan forment un duo qui respire la confiance et la tendresse. Avec eux, les comédiens Hélène Babu, Kelly Gowry, Stanislas Stanic et Pierre-Antoine Suarez sont justes, efficaces et convaincants. Une distribution complémentaire et agréable soutenue par une équipe technique qui sait jouer finement avec les lumières et la vidéo pour dessiner l’intime.
Ce spectacle donne l’image d’un théâtre convivial et habile, d’une comédie qui se donne sans précipitation et qui trouve sa force dans la vérité des rencontres qu’elle met en scène. Une pièce romantique qui mêle sourire et émotion. Un pas de côté pour une halte chaleureuse.
Spectacle vu le 25 septembre 2025
Frédéric Perez
Texte et mise en scène, Anne Giafferi. Assistante mise en scène, Kelly Gowry. Scénographie et vidéo, Alain Lagarde. Assistante vidéo, Manon Boucher. Costumes, Cécile Magnan. Lumière, Christian Pinaud.
Avec Hélène Babu, Bernard Campan, Isabelle Carré, Kelly Gowry, Stanislas Stanic et Pierre-Antoine Suarez.
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