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 © CASTELOT Guillaume - Châteauvallon-Liberté, scène nationale-

© CASTELOT Guillaume - Châteauvallon-Liberté, scène nationale-

Chaleureux, Poétique, Eloquent.

Le spectacle s’ouvre sur le mythe de Cronos (Saturne), roi des Titans, qui dévore ses enfants dès leur naissance, par peur d’être détrôné, selon une prophétie. Sa femme, Rhéa, impuissante, voit disparaître un à un ses enfants: Hestia, Déméter, Héra, Hadès et Poséidon,  avant de réussir à sauver le dernier, Zeus, en substituant une pierre au nouveau-né.

Bérengère Warluzel incarne une Rhéa déchirée, désespérée de perdre ses enfants, ce qui crée un contraste saisissant avec les principes de Maria Montessori, fondés sur la confiance en l’enfant, la liberté et la croissance harmonieuse.

© CASTELOT Guillaume - Châteauvallon-Liberté, scène nationale-

La scène du mythe s’efface peu à peu. La lumière rouge devient dorée, plus douce. Côté jardin, l’amas blanc ficelé 'symbole la pierre qui a sauvé le dernier nouveau-né,' se transforme pour laisser place à une jolie petite salle de classe conçue pour les jeunes élèves de la méthode Montessori. 

Sous le regard délicat de Charles Berling, Bérengère Warluzel incarne avec justesse et ferveur la voix de Maria Montessori. Seule en scène, elle déroule le fil d’une vie de luttes, d’exils mais aussi de réussites et de conquêtes, convaincue que la paix naît d’une éducation éclairée. Bérengère Warluzel fait revivre avec brio et intensité  une femme libre et bien en avance sur son temps.

© CASTELOT Guillaume - Châteauvallon-Liberté, scène nationale-

Maria Montessori – Une vie dédiée à l’enfant

Maria Montessori, née en 1870, première femme médecin de son pays en 1896, choisit d’observer les enfants plutôt que de leur imposer des règles. Elle découvre en chacun d’eux une force intérieure qu’il faut accompagner pour la laisser grandir.

En 1907, elle ouvre à Rome sa première Maison des enfants. Elle y développe une éducation fondée sur la liberté, la confiance et le respect du rythme de chacun.

Sous Mussolini, elle refuse que son travail serve la propagande fasciste et s’exile pour poursuivre sa mission.

Derrière cette force, une blessure intime : Maria doit cacher son fils Mario, né hors mariage. Ils se retrouveront plus tard, unis dans la même passion pour l’enfance.

Elle s’éteint en 1952, laissant un héritage éducatif universel.

© CASTELOT Guillaume - Châteauvallon-Liberté, scène nationale-

La scénographie, sobre, mêlant bois clair et objets pédagogiques, est poétique, habitée, évocatrice. L’enfant, bien qu’absent, est sous nos yeux à chaque instant : sa présence flotte, suspendue entre les tables miniatures et les petits manteaux colorés qui semblent soudain s’animer sous le regard du public. Cette « classe fantôme » prend vie grâce à la finesse et le naturel  du jeu de Bérengère Warluzel.

Tout est à hauteur d’enfant, fidèle à l’esprit de Maria Montessori : rigueur du geste, douceur du regard. Le matériel prêté par l’Association Montessori de France prend ici une autre vie. Sur scène, cubes, lettres et ficelles deviennent langage, porteurs d’émotion et de sens.

La lumière apporte une douceur chaleureuse et donne au spectacle une beauté calme. Les saynètes sont ponctuées d’airs d’opéra qui en renforcent le rythme et l’émotion.

© CASTELOT Guillaume - Châteauvallon-Liberté, scène nationale--

Bérengère Warluzel incarne avec talent et profondeur une grande dame à la fois forte et sensible, dont les idées, portées bien au-delà de leur temps, résonnent aujourd’hui avec force, clarté.

La mise en scène, le décor et les lumières signés Charles Berling apportent justesse et poésie.

Un spectacle lumineux et émouvant qui rend hommage à Maria Montessori, une femme qui a changé notre regard sur l’enfant et sur l’apprentissage. Entre théâtre, émotion et réflexion, il touche autant le cœur que l’esprit.

Claudine Arrazat

 

© CASTELOT Guillaume - Châteauvallon-Liberté, scène nationale--

Adaptation et interprétation Bérengère Warluzel

Dramaturgie et collaboration artistique Amélie Wendling

Création sonore et visuelle Vincent Berenger

Production Châteauvallon-Liberté, scène nationale

Remerciements Nadia Hamidi, fondatrice et directrice de l’école Montessori Internationale de Nice et Présidente de l’Association Montessori de France

Photos © Guillaume Castelot — Châteauvallon-Liberté, scène nationale

Texte © Bérengère Warluzel & Mélanie Drouère

Production Châteauvallon-Liberté

Du mercredi 12 au jeudi 20 novembre
Mer. 12, Jeu. 13, Lun. 17, Mar. 18, Mer. 19 novembre à 19h30
Sam. 15 novembre 18h30
Jeu. 20 novembre 18h

Châteauvallon - Liberté scène nationale
Châteauvallon
795 Chemin de Châteauvallon
CS 10118 – 83 192 Ollioules

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