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Leonor Fini (1907-1996), peintre et écrivaine française. ’’ Vesper Express’’, huile sur toile, 1966

Née d’un père originaire d’Argentine et d’une mère italienne, Leonor Fini grandit dans un environnement ouvert sur le monde, nourri par l’effervescence intellectuelle de Trieste, alors foyer littéraire particulièrement dynamique. De cet environnement multiple, elle semble absorber très tôt un sens du monde élargi, une curiosité sans frontières. En 1925, elle prend la route de Milan, animée d’une décision calme mais irrévocable, se consacrer à la peinture. Là, face aux œuvres de la Renaissance et aux visions des réalistes magiques italiens, son regard s’aiguise et se précise. Quelque chose de son futur univers s’esquisse déjà.

Quelques années plus tard, sa silhouette apparaît dans Paris. On la voit entrer dans un climat artistique où souffle l’esprit du surréalisme. Elle ne s’y attache pas comme à une école, elle le contemple, le traverse, en retient une manière d’accueillir l’inconscient et l’étrangeté. Son imaginaire continue sa propre trajectoire. On y observe des créatures hybrides, des femmes sphinges et des éphèbes, des êtres de mystère évoluant dans des espaces où l’érotisme se mêle au sacré. La lumière y oscille, tantôt sombre, tantôt ardente, mais toujours enveloppée d’un voile de secret.

Son œuvre, précise et glacée comme un mirage net, fut un jour décrite par Cocteau comme un réalisme irréel, formule qui semble suspendue au-dessus de ses toiles comme un commentaire silencieux. À la fin des années 1950, ses images se mettent à flotter et à se dissoudre légèrement, comme si une matière minérale et translucide envahissait son vocabulaire visuel.

Dans l’après-guerre, on la découvre attirée par la scène, les fêtes et le théâtre, comme si l’art devait aussi s’incarner dans le mouvement, le costume et la métamorphose. Elle crée pour l’Opéra Garnier et pour la Scala de Milan, offrant aux spectacles des univers à la fois fastueux et improbables. Aux bals costumés, elle apparaît masquée et transformée, devenant elle-même une figure presque mythique parmi ses propres inventions.

À côté de ses toiles, on la voit penchée sur des livres qu’elle illustre de visions exactes et étranges. Parfois, elle écrit elle-même des récits et des contes, comme si son imaginaire, trop vaste pour être contenu dans la seule peinture, cherchait d’autres formes où se déployer.

Parmi ses œuvres littéraires les plus marquantes :

• Mourmour, conte pour enfants velus (1976), un récit singulier où son imaginaire félino fantastique s’exprime pleinement.

• Histoire de Vibrissa (1973), accompagné de dessins en noir et blanc, témoignant de son intérêt pour le chat, l’étrange et le rêve.

• Miroir des chats (1977), mêlant texte et images, reflet de sa fascination pour les chats dans son univers créatif.

• L’Onéiropompe (1978), à la tonalité mystérieuse et proche du rêve et du fantasme.

• Rogomelec (1979), illustrant une facette plus audacieuse et insolite de son écriture.

• Pourquoi pas (posthume, 1995), recueil de nouvelles souvent considéré comme l’un de ses derniers projets littéraires majeurs.

Frédéric Perez

 

 

Autoportrait au scorpion (1938)

Autoportrait au scorpion (1938)

Le Bout du monde (1949)

Le Bout du monde (1949)

La Gardienne des Sources (1967)

La Gardienne des Sources (1967)

Autoportrait, Dame au Chapeau Rouge (1968)

Autoportrait, Dame au Chapeau Rouge (1968)

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