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Il suffit parfois d’un soupçon pour fabriquer un futur entier. Thomas et Sami, Les grands enfants, en font un feu d’artifice de quiproquos drôles, de malentendus saillants et de tensions tragicomiques irrésistibles.
Au théâtre de Passy, deux amis de toujours se persuadent qu’ils vont devenir grands-pères. Rien n’est confirmé, tout est imaginé, et c’est précisément là que la comédie s’emballe. L’argument est d’une astuce savoureuse. Partir d’un presque rien pour observer deux hommes que la perspective d’un petit-enfant transforme plus vite qu’ils ne l’admettent.
Le texte de Sébastien Blanc et Nicolas Poiret excelle à transformer cet emballement paternel en terrain de jeu. Les dialogues fusent, les situations s’empilent et chaque faux pas provoque sourires et rires. La pièce ne cherche pas à morigéner ses personnages, elle les suit avec bienveillance. Prête à souligner leurs contradictions, elle laisse apparaître leur tendresse et leur maladresse. C’est dans ce mélange de lucidité et de fantaisie que l’on se reconnaît dans les réactions excessives de ces futurs grands-pères imaginaires.
La mise en scène d’Anne Bouvier accompagne le texte, les comédiens et les situations avec une précision espiègle calée au cordeau. Les déplacements sont subtils, chaque espace du décor exploité avec sens, ce qui donne aux scènes un rythme naturel et fluide.
Frédéric Bouraly et Éric Laugérias incarnent ces deux amis pris dans leur rêve éveillé. Leur vis comica est éclatante, leur complicité est palpable et le timing des répliques impeccable. L’humour naît autant de la précision des gestes et des postures que du texte. La chimie entre eux rend la pièce légère, dynamique et touchante à la fois.
Le spectacle est d’une adresse élégante et ravageuse. Il réussit à nous montrer combien, dans l’imagination, la maturité ne gomme pas les réflexes d’enfance. Les spectateurs rient des excès des personnages et y retrouvent un peu des leurs. L’efficacité de la pièce tient à un dosage équilibré. Émotion, finesse et observation. Avec un humour décapant, ce spectacle met les adultes face à leurs propres fêlures, et c’est exactement pour cela que l’on en rit.
Spectacle du 21 février 2026
Frédéric Perez, spectatif.com
De Sébastien Blanc et Nicolas Poiret. Mise en scène Anne Bouvier. Avec Frédéric Bouraly. Avec Eric Laugérias. Décor Bastien Forestier. Costumes Cécile Dulac. Lumières Denis Koransky. Musique originale Mehdi Bourayou.
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