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Quel plaisir d’être parmi le public du Théâtre Hébertot en pleine effervescence avec On purge Bébé. Je me suis laissé emporter par la vivacité de la troupe et le charme du texte. Un classique du vaudeville français servi avec une traduction scénique qui rayonne. Drôlissime à s’en lécher les babines.

Cette version revisitée de Georges Feydeau fait preuve d’une inventivité charmante et d’une drôlerie qui s’ancre profondément dans le meilleur de la comédie, entre jeux alertes, esprit de troupe chaleureux et trouvailles qui font rire sans jamais tricher.

La trame originale de Feydeau demeure fidèle au texte de 1910. Follavoine, industriel en porcelaine, espère mener à bien un déjeuner d’affaires qui s’égare rapidement dans les malentendus et les tensions familiales. Son fils Toto refuse le purgatif que sa mère veut lui faire avaler, tandis que les convenances bourgeoises se fissurent dans un salon trop étroit pour tant d’agitation.

Cette mécanique de quiproquos fonctionne avec une précision réjouissante et ouvre largement la voie au burlesque, au point que la pièce prend des allures de tourbillon théâtral. Du Feydeau pur jus. Je me suis retrouvé à sourire et à rire de bon cœur à chaque quiproquo, emporté par le rythme et la fantaisie de la troupe.

La mise en scène d’Émeline Bayart impose un rythme joyeux et contagieux. À chaque rupture de ton, la troupe déploie une vigueur constante. Les portes claquent, les regards fusent, les situations s’emballent et l’humour explose.

Le choix d’intégrer des chansons réalistes d’époque qui s’intègrent à la narration dépasse l’idée d’un simple accessoire amusant. Elles prolongent le mouvement des personnages et ajoutent une touche musicale qui souligne l’humour de la pièce, apparaissant comme de petits intermèdes légers qui allègent le drame conjugal et renforcent le comique du spectacle. Ces airs, rendus avec fraîcheur et subtilité, s’insèrent dans la dynamique de la scène sans jamais ralentir le rythme et accompagnent parfaitement le burlesque des situations.

Le jeu des comédiens constitue l’un des grands plaisirs de cette représentation. 

Émeline Bayart incarne madame Follavoine et s'impose par sa présence scénique. Elle dépote tout sur son passage. Mademoiselle Bayart joue de ses inflexions et de ses mimiques pour donner à chaque réplique un comique savoureux qui relève souvent de l'art du clown.  Elle offre par ailleurs dans les chansons une qualité vocale remarquable qui ajoute charme et dimension à ces intermèdes musicaux. Elle n'est pas la seule artiste à chanter, je vous laisse le plaisir de le découvrir.

Marc Chouppart campe un Follavoine au bord de l’hystérie contrôlée, en équilibre instable entre l’espoir d’obtenir le contrat rêvé et la gestion des catastrophes domestiques. Sa haute taille donne l'occasion d'un jeu de scène furtif et succulent avec un autre personnage, à vos aguets !

Manuel Le Lièvre (hier soir) prête à monsieur Chouilloux un mélange de sérieux et d’incongruité qui gagne en force au fil du spectacle, tandis que Corinne Martin passe avec agilité de Rose à Toto, alternant malice, obstination et énergie vive avec une justesse remarquable.

L’ensemble de la troupe se révèle complice, comme si le burlesque formait un langage commun maîtrisé avec bonheur. Vincent Arfa dans le rôle du cousin-amant apporte la touche finale à ce banquet de situations absurdes et Delphine Lacheteau dans celui de madame Chouilloux glisse une nuance de contraste délicieuse au milieu des tempéraments explosifs qui l’entourent.

Quant à Manuel Peskine, il accompagne au piano l’ensemble avec une finesse qui met en valeur le rythme, presque chorégraphique, du texte et des chansons.

Ce spectacle installe une convivialité qui invite à partager les éclats de rire, à savourer chaque moment de folie avec légèreté et à se réjouir de voir un vaudeville aussi savoureux servi avec une telle générosité. Rire garanti et bonne humeur assurée.

Spectacle du 1ᵉʳ février 2026

Frédéric Perez, spectatif.com

 

De Georges Feydeau. Mise en scène Émeline Bayart. Décors Charlotte Villermet. Costumes Charlotte Villermet. Lumières Melaine Danion. Musique Manuel Peskine. Assistante mise en scène Quentin Amiot.

Avec Marc Chouppart, Émeline Bayart, Manuel Le Lièvre ou Christophe Canard, Corinne Martin, Delphine Lacheteau, Vincent Arfa. Et Manuel Peskine au piano.

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Photos © Bernard Richebé
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