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Croire aux fauves  (c) Pierre-Marie Croquet

Croire aux fauves (c) Pierre-Marie Croquet

Vibrant, Incandescent, Bouleversant

Croire aux fauves, inspiré du récit autobiographique de l’anthropologue Nastassja Martin, porté par l’adaptation saisissante de Sandrine Raynal et Constance Dollé, nous entraîne dans une traversée intérieure où réalité, mythe et rêve se mêlent et se fissurent.

Tout commence dans la Sibérie du Kamtchatka. Nastassja Martin est auprès des Evènes, ce peuple qui vit au rythme de la forêt, en communion avec les esprits du territoire. Au détour d’une expédition, elle croise un ours. L’attaque est soudaine, violente. Son visage est déchiré, son corps marqué. Et pourtant, elle survit.

Croire aux fauves (c) Pierre-Marie Croquet

C’est une expérience profondément intérieure, où se mêlent peur, émerveillement et transformation. Dans la culture animiste des Evènes, cette rencontre n’est pas qu’un accident : elle ouvre la voie à une métamorphose. Avant même l’attaque, la femme avait rêvé de cet ours, comme si cette rencontre était écrite. Dans le combat, elle le fixe droit dans les yeux. Et c’est peut-être ce lien silencieux qui l’a sauvée.

Entre la femme et l’animal, quelque chose se joue. Les frontières entre les mondes semblent vaciller. De cette confrontation naît une figure nouvelle, une femme-ours, marquée dans sa chair et dans son identité, traversée par une transformation intime.

Sur le plateau, cette histoire prend une dimension profondément chamanique, spirituelle. Elle touche à ce qui est invisible, aux forces de la nature et aux présences qui traversent l’humain. Le récit dépasse le simple événement. Il devient expérience, méditation, invitation à regarder autrement notre rapport au vivant et aux mondes qui nous entourent.

Croire aux fauves (c) Pierre-Marie Croquet

La mise en scène est menée avec brio. Les silences intensifient les émotions, et quelques gestes ou mots suffisent à faire naître la montagne, le froid, la forêt qui respire. Une scénographie sobre et efficace laisse toute la place à notre imaginaire. La création sonore fait surgir le vent, la tempête, les pas dans la neige, les craquements inquiétants de la forêt. Nous  ressentons alors la solitude de la montagne, la peur qui monte, l’attente suspendue. Puis, dans un silence soudain, un grondement : l’ours est là ! Les lumières sculptent l’espace, isolent les corps et dessinent des zones de clair-obscur où l’imaginaire circule librement.

 

Croire aux fauves (c) Pierre-Marie Croquet

Au centre du spectacle, Constance Dollé porte le récit avec une intensité remarquable. Chaque phrase, chaque silence, chaque émotion, nous transperce et nous bouleverse par la finesse et la puissance de son jeu.

Autour d’elle, Camille Grandville et Miglen Mirtchev, narrateurs et protagonistes du récit, incarnent avec talent les différents rôles. Camille Grandville est particulièrement émouvante dans le rôle de la mère, tandis que Miglen Mirtchev apporte énergie et justesse à ses personnages.

Croire aux fauves, nous entraîne dans une traversée intérieure, où réalité, mythe et rêve se mêlent.

Claudine Arrazat

Adaptation Sandrine Raynal et Constance Dollé

Création Lumière Alexis Beyer

Création Sonore & musicale Alexandre Carlotti

Scénographie Marion Pellarini et Sandrine Raynal

Constructeur décor Marion Pellarini et Norbert Richard

Avec l’aide de l’Adami Déclencheur  

Coproduction : Toulon Chateauvallon

 

La Scala    13 Bd de Strasbourg 75010 Paris Jusqu’au     12 avril

Tag(s) : #C. Arrazat Critiquetheatreclau
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