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© Felice D'Agostino

© Felice D'Agostino

Poétique — Politique — Loufoque.

L’Avenir des reflets, la nouvelle création de Lazare, est une œuvre historique mais jamais figée dans le simple récit de la Révolution française. Ici, l’Histoire vacille, déborde, chante, délire parfois. Elle devient matière vivante, traversée de visions, de fantômes et d’élans profondément humains. Lazare nous offre une Révolution vivante, peuplée de fantômes, de colères et d’espoirs qui résonnent puissamment avec notre époque.

L’Avenir des reflets avance par fragments. Marat surgit comme un homme traqué par ses propres mots ; Olympe de Gouges traverse le plateau avec une force lumineuse ; la Gorgone rôde dans les plis du récit comme une menace archaïque.

© Felice D'Agostino

Au centre de cette révolution apparaissent des instants presque burlesques, absurdes, décalés, qui donnent au spectacle cette tonalité particulière : une gravité traversée d’éclats loufoques. C’est vivant, dense, musical : un cabaret révolutionnaire.

La figure d’Olympe de Gouges occupe le cœur battant du spectacle. Sous le regard de Lazare, elle apparaît portée par un profond désir de justice sociale. Sa parole est traversée par une énergie de révolte et de conviction.

Marat apparaît ici plus sombre, presque halluciné, mais toujours animé par cette conviction que l’écriture peut déplacer le monde. Consumé par la rage d’écrire et le vertige révolutionnaire, ce personnage laisse une empreinte durable : un être dont on se souvient longtemps.

La mise en scène de Lazare est construite avec soin et précision. Les tableaux s’enchaînent avec fluidité. Nous voyageons avec aisance, de la taverne populaire à l’atelier de Marat, des assemblées aux chants révolutionnaires.

Les comédiens deviennent tour à tour musiciens, chanteurs, porteurs d’une mémoire populaire. Le théâtre se fait ici lieu vivant, où la pensée passe par les corps et les voix.

© Felice D'Agostino

Dans une scénographie  de Marguerite Bordat  mobile et stylisée, faite de panneaux mobiles, de trappes et d’accessoires inventifs, se déploie un véritable « chaos organisé », où la Révolution devient une immense scène de jeu.

 Anne Baudoux, d’Ava Baya, Myrtille Hetzel, Denis Lavant, Marion Malenfant, Pierre Thionois et Gabriel Tur, nous  impressionnent par leur engagement et leur talent. Tous incarnent plusieurs rôles avec une générosité rare, passant de l’un à l’autre avec une aisance remarquable. En un instant, ils se métamorphosent, avec grand brio, en révolutionnaires, aristocrates, figures mythologiques ou silhouettes du peuple, portés par l’engagement, le combat, la poésie et la fantaisie.

© Felice D'Agostino

 

Ava Baya illumine le spectacle dans une Olympe de Gouges flamboyante de liberté et de détermination. Elle apporte au personnage une énergie ardente et une grâce vibrante, donnant vie à une Olympe intensément contemporaine sans jamais perdre sa profondeur historique.

© Felice D'Agostino

La performance de Denis Lavant est absolument saisissante. Sa voix profonde et rugueuse, sa gestuelle impressionnante et sa présence magnétique occupent entièrement le plateau et captent tous les regards. Il compose un Marat fiévreux, habité, traversé par une urgence intérieure constante.

Lazare compose ici un théâtre de mémoire et d’insurrection, traversé par les fantômes de la Révolution et les inquiétudes du présent. Un théâtre vivant, profondément habité, où les voix du passé continuent de chercher, au milieu du chaos du monde, la possibilité d’un nouvel élan.

Claudine Arrazat critiquetheatreclau.com Spectacles Vivants

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© Felice D'Agostino

Anne Baudoux :La Gouzail, Comtesse Lespina, Persée, Olivier Blanc, Chicanou, enfant riche,  scénariste, garde, directeur du théâtre, Moulure, Madame de Lamballe, Madame de Venus, imprim'espion mouton 2.

Ava Baya : Olympe de Gouges, Ninon de Lenclos, un homme de Bailly, imprim'espion Jérôme Billy secrétaire de La Gouzail, Beaumarchais, docteur, Perroquet d’Olympe,   propriétaire de plantations, Duras, imprimeur Meunier, Louis XV, fermier général, garde, homme du fiacre,valet du Roi, soldat.

Myrtille Hetzel : Lamartine, Cherubin, Jean-Sylvain Bailly, Marie-Thérèse d’Autriche, Simone Évrard .

Denis Lavant :Marat, chat d’Olympe, homme de main du propriétaire de plantations, commissaire, mouton 1

Marion Malenfant : Anne-Josèphe Théroigne Méricourt, Marie-Antoinette, enfant pauvre, garde, singe d’Olympe, chicanou, Emblème, Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick-Wolfenbüttel, servante Psychée, imprim'espion

Pierre Thionois : Louis XVI, Nicolas, cambrioleur, l’agent, homme de main du propriétaire de plantations, Acteur Florence, fermier général, servante d’Olympe

Gabriel Tur : Jacques Bietrix, Marquis de La Fayette, Robespierre, journaliste radio, Étiquette / Chambellan, le frère de Théroigne Méricourt, docteur, cocher, Nicolas-Edme, Restif de la Bretonne, chien d’Olympe, Molière, cambrioleur, Duc de Mont Chanois, le comité de l’hôtel de ville, garde, l’agent, enquêteur de la Reine, femme de chambre de la Reine, soldat, Brissot, imprim'espion.

© Felice D'Agostino

Violoncelle : Myrtille Hetzel / Piano : Myrtille Hetzel, Jérôme Billy et Gabriel Tur / Batterie : Gabriel Tur / Basse : Nicolas Testa.

Lumières :Philippe Berthomé / Costumes : Marion Xardel / Collaboration artistique : Anne Baudoux / Accompagnement scénographique et accessoires : Marguerite Bordat / Conseil musical : Myrtille Hetzel et Eddy Kent / Son et collaboration musicale : Nicolas Testa / Assistanat à la mise en scène : Marion Harlez Citti / Direction technique : Bruno Bléger / Administration de production et diffusion : Arnauld Lisbonne- Le bruit neuf.

Création à La Colline du 19 mai au 20 juin 2026 au Grand théâtre du mardi au samedi à 19 h 30  • durée estimée 3 h 10

Tag(s) : #C. Arrazat Critiquetheatreclau
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