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Née au Canada, Rosalind Breen développe une pratique qui mêle peinture à l'huile, dessin et techniques mixtes. Formée à l'université Queen's de Kingston, elle poursuit ensuite son parcours artistique entre le Canada et l'Islande avant d'ancrer durablement son travail à Toronto. Elle complétera plus tard sa formation à la Rhode Island School of Design.
Au premier regard, ses œuvres donnent à voir des corps, des visages, des silhouettes qui se rapprochent, se chevauchent, se fondent parfois les uns dans les autres. Pourtant, cette proximité n'efface pas une forme de distance. C'est même l'une des questions qui traversent son travail.
« Je préfère ne pas vous présenter une image photographique. Je suis très impressionnée par ce genre de travail, mais ce n'est pas ce que je souhaite faire… Je ne veux pas produire une œuvre d'art parfaite. Je veux créer quelque chose d'imparfait, d'une authenticité presque humaine », dit-elle.
Rosalind Breen s'intéresse aux liens humains, à l'intimité, au sentiment d'appartenance et aux fragilités qui accompagnent toute relation. Ses personnages occupent souvent le même espace, mais chacun semble porter son propre isolement. La coexistence et la déconnexion avancent côte à côte.
Le corps devient alors un langage. Non pour raconter une histoire précise, mais pour rendre visibles des émotions, des hésitations, des besoins d'affection ou de reconnaissance que chacun peut identifier. Les figures apparaissent réelles et imaginaires à la fois, comme si elles portaient quelque chose d'universel.
Portée par une peinture expressive et des compositions où les présences humaines se répondent, son œuvre explore les paradoxes de la vie contemporaine. Une œuvre qui vient titiller le sentiment de soi et le sentiment d'appartenance. Comment être ensemble ? Comment trouver sa place parmi les autres ? Comment conserver un sentiment de proximité dans un monde où les repères semblent parfois vaciller ? C'est dans cet espace d'incertitude et de questionnement que Rosalind Breen construit son travail. Un travail qui me touche et me parle.
Frédéric Perez
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