Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

 

Dès les premières minutes, La Soeur de Jésus-Christ nous plonge dans un univers à la fois intime et percutant, qui nous happe et nous retient. Un spectacle qui vient nous parler dans les profondeurs de nos ressentiments, tout en percutant notre réflexion. C'est captivant. L’auteur de toute évidence souhaite que l’émotion autant que la raison soient les cibles du récit. La mise en vie et surtout l’interprétation joignent leurs forces pour atteindre ce but avec réussite.

« Maria, c’est cette jeune fille qui s’empare du pistolet Smith & Wesson 9mm dans le buffet de la cuisine. Elle quitte la maison, l’arme à la main. Elle marche en direction du village. Elle se rend chez Angelo le Couillon, le jeune homme qui lui a fait violence la veille. Sur scène, un conteur et une musicienne racontent la révolte d’une jeunesse, un déclic qui fait boule de neige dans un village du sud de l’Italie montrant que s’il y peut y avoir une révolution dans un petit village des Pouilles où les gens portent des décennies de traditions, le miracle a eu lieu. » 

Le texte d’Oscar de Summa, traduit par Federica Martucci, est le dernier volet d’une trilogie intitulée "Journal de Province" qui explore les thèmes de l’identification et de la rébellion à la prescription sociale, historique et culturelle qui nous anime à notre insu. Cette pièce traite particulièrement de la résistance à l’arrogance de la masculinité oppressante et des dégâts souvent tus du mâle dominant dans les relations interpersonnelles.

La mise en scène de Georges Lini donne au récit fluidité et engagement. Son approche, à la fois précise et sensible, permet aux spectateurs de s’immerger dans l’histoire, saisis par chacun des passages de la narration. L’univers visuel à la fois épuré et évocateur et les éléments de décor judicieusement choisis, accompagnent et renforcent l’atmosphère proche et réflexive du spectacle.

La musicienne Florence Sauveur, présente sur scène, joue ses compositions qui constituent un véritable fil conducteur, une dimension essentielle. Elle accompagne les moments de tension, de douceur ou de réflexion, et contribue à maintenir la curiosité et l’attention du public tout au long.

Félix Vannoorenberghe nous colle au mur. Son interprétation est époustouflante. En osmose avec la musicienne, son jeu, leur jeu, à la fois sincère et nuancé, donnent vie à des personnages complexes et touchants. Leur complicité rend chaque instant authentique et poignant. Elle et lui sont remarquables.

Une pièce qui ne laisse pas indifférent, qui interroge, qui dérange et qui cherche à éveiller, sans asséner. La mise en scène est d’une rigueur artistique admirable. Et surtout, surtout, un spectacle porté par un comédien incroyable de puissance et de finesse de jeu, qui nous saisit d’emblée, sans détour, sans fioriture mais avec une redoutable efficacité. Une standing ovation est venue saluer ce travail de haut niveau. Une belle claque. Un spectacle à voir absolument.

Spectacle vu le 7 juillet 2025

Frédéric Perez

 

De Oscar de Summa. Traduction Federica Martucci. Mise en scène Georges Lini. Scénographie Charly Kleinermann. Musique Florence Sauveur. Collaboration artistique Nargis Benamor. Création son Pierre Constant. Costumes Thibaut De Coster. Création lumière Jérôme Dejean. Vidéo Sébastien Fernandez.

Avec Françoise Sauveur et Félix Vannoorenberghe.

Photos © DR
Photos © DR
Photos © DR
Photos © DR
Photos © DR

Photos © DR

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :