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Un spectacle comme une traversée sensible au cœur de la mémoire collective, qui résonne juste et nous touche. Avec le sentiment d’avoir été pris par la main pour traverser un univers trouble, celui d’un personnage et d’une famille dans une époque où les horreurs se jouaient de toute humanité.
La pièce de Caroline Darnay est un thriller historique en huis clos. Il raconte sans détour ni fioriture une grande partie de l’histoire d'Irène Kalder, veuve d'Amon Göth, le tristement célèbre commandant du camp de travail de Plaszow, qualifié de « boucher d’Hitler ».
Ce récit, porté par une langue à la fois directe et profondément humaine, évite les pièges du mélodrame. Tout repose sur une parole incarnée, qui laisse place aux silences, aux regards, aux gestes qui en disent long. C’est la délicatesse de l’énonciation qui l’emporte sur la violence du message, quand bien même celui-ci est aussi irritant que nécessaire.
La narration explore la frontière floue entre le bien et le mal, le déni et la responsabilité, le devoir de mémoire. Irène Kalder était-elle complice ou victime ? Criminelle ou héroïne ? À travers elle, se posent nombre de questions. Jusqu'où l’amour peut-il excuser ? La guerre justifie-t-elle tout ?
La mise en scène, également pensée par Caroline Darnay, épouse avec sobriété cette docu-fiction dramatique. Les déplacements, les rythmes, les lumières, tout participe à créer un monde vibrant en suspension.
Sur le plateau, trois interprètes. Caroline Darnay, Marc Duret et Duncan Talhouët. Chacun avec une énergie singulière, chacun trouvant sa place dans cette partition chorale. Mademoiselle Darnay, en figure centrale, porte son texte avec une intensité jaugée. Marc Duret impressionne par sa justesse, sa présence tranquille, son art de dire sans surligner. Duncan Talhouët insuffle une vitalité discrète mais essentielle, un regard jeune qui capte et reflète les tensions en jeu.
Voici une histoire qui prend les allures d’une enquête passionnante, autour d'une femme à la trajectoire particulière. Une pièce à la résonance historique qui sert la nécessaire transmission. Un récit doté d’une mise en vie forte et glaçante, porté par une interprétation fine et nuancée. À ne pas manquer.
Spectacle vu le 10 juillet 2025
Frédéric Perez
Texte et mise en scène de Caroline Darnay. Collaboration artistique d’Olivier Leymarie et Bérénice de Petiville. Musique de Pierre Audiger. Création lumière d’Anne Gayan.
Avec Caroline Darnay, Marc Duret et Duncan Talhouët.
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